Précisions supplémentaires à Lionel Paoli (Nice Matin), au vu de sa réponse à la « Lettre ouverte d’une militante pro-liberté »

Monsieur Paoli,

   Je vous ai adressé il y a 2 jours une “Lettre ouverte”, suite à votre court article paru dans l’édition papier de Nice Matin. Je note qu’après m’avoir envoyé une réponse via messagerie privée, vous en avez fait un copié-collé également dans les commentaires de mon blog (visible ICI et inclue par mes soins au bas de cet article). Je tiens à saluer le geste de garder tout cela dans la sphère publique, ainsi que la longueur de votre réponse.

  Toutefois,en vous lisant, j’ai été surprise (décidément M. Paoli, vous ne cessez de me faire tomber de ma chaise !) de constater que les 3/4 de ce long message ne concernait absolument pas le contenu de ma « Lettre ouverte », ni même mon blog Manipulation Marineland ! Alors qu’il m’était adressé comme une réponse à celle-ci !

  Pour vous écrire cette “Lettre ouverte”, M. Paoli, je suis sortie du ton neutre et impersonnel qui est d’ordinaire le mien sur ce blog. Je me suis adressée à vous en tant qu’individu, en tant que personne militante, et non en tant qu’ “entité blogueuse » et virtuelle, ni comme un porte-parole.
Je vous ai écrit à la première personne, et j’ai signé l’article, ce que je ne fais jamais. J’ai également illustré mon propos par une anecdote personnelle et privée, pour la première fois.
Car « les militants » ne sont pas une foule indistincte, mais une somme d’individus, partageant certaines valeurs et combattant, souvent côte à côte, pour une même cause.
Aussi, je reste dans l’incompréhension face à votre réponse, où vous mentionnez des propos tenus sur un autre blog, et par plusieurs autres personnes.

  Cette question que vous me posez, M. Paoli : « Etes-vous capable d’accepter l’idée que mes propos ne sont pas dictés par une quelconque malhonnêteté, un parti-pris hostile à vos actions, une volonté de « manipuler »  qui que ce soit ? Pouvez-vous entendre des arguments contraires, qui hérissent vos convictions, sans céder à la tentation de discréditer votre interlocuteur ? »
Je ne crois pas avoir affirmé qu’il y avait manipulation ou parti-pris de votre part à vous, M. Paoli (encore une fois, attention aux amalgames de propos, vous vous trompez d’interlocuteur !), ni avoir tenté de vous discréditer (je n’ai fait que ce que je fais à longueur d’articles dans ce blog : collecter des faits, tisser un fil d’Ariane entre eux, mais je ne suis pas responsable de la nature de ma récolte), toutefois je vais quand même vous répondre.
Et ce, même si je déplore que vous n’ayez pas répondu de votre côté à 99 % de mes propres questions, pourtant très nombreuses, ou alors en me citant les propos de quelqu’un d’autre, qui ne m’engagent donc en rien et sont, de fait, hors-sujet.

  Donc, votre question (du moins la partie qui me concerne réellement et à laquelle je peux donc répondre) : Suis-je prête à entendre un avis différent du mien et des arguments contraires ?
Bien sûr, M. Paoli ! Évidemment ! Je vous l’ai déjà souligné au début et à la fin de ma “Lettre ouverte”, et je le redis ici. Je pense que la courtoisie avec laquelle je m’adresse à vous (et que vous soulignez d’ailleurs vous-même à plusieurs reprises) en témoigne également.
J’accorde tellement d’importance à ces avis différents et à ces « arguments contraires », que je prends même le temps d’y répondre longuement, sur 11 pages (contre une quinzaine de lignes pour votre article). Et je me penche sur la question avec sérieux et rigueur, y compris lorsque cet avis est exprimé de manière délibérément provocatrice, par un auteur qui sait très bien que le ton choisi provoquera des réactions fortes (vous l’avez vous-même indiqué).

  Le problème par contre, c’est que je n’ai vu aucune argumentation dans votre court article, M. Paoli. Uniquement votre propre avis, votre lecture des événements (que vous rappelez également au début de ce courrier, évoquant votre propre expérience de journaliste dans la région), et exprimés de façon péremptoire, brève et quelque peu lapidaire.
Votre article n’est pas une enquête de fond, M. Paoli, et n’en a jamais eu l’intention : une quinzaine de lignes, remplies de termes délibérément provocateurs (« Les vétérinaires ? Les dignes héritiers de Gœbbels », « Les soigneurs ? Des bourreaux », « hurler avec les loups », « La violence des attaques fait froid dans le dos »…), assorties d’une caricature ? Le tout dans une rubrique intitulée “La rédac’ passe à la moulinette le meilleur du pire de l’actualité de la semaine » ? Soyons sérieux deux minutes !
Notez que je n’ai rien contre ce genre de procédé, le « sniper/trublion » est un personnage fort distrayant et intéressant, car il peut soulever des questions effectivement intéressantes. Seulement, une fois la performance réalisée, il ne faut pas s’étonner, ou se plaindre, qu’elle provoque des réactions, parfois très fortes, et prétendre que le choix de cette forme de discours a servi autre chose qu’une provocation volontaire (que son but soit plus large ou pas) !
Un bon sniper doit à la fois avoir le talent et les épaules, M. Paoli, et assumer ses propos.

  Il est donc regrettable que ce ne soit pas votre cas, et que vous vous plaigniez à moi-même de propos que je n’ai jamais tenus, ou écrits, dans ma “Lettre ouverte”, ou ailleurs. Et ce, tout en expliquant dans un second temps, en réponse à Max Berthy (véritable auteur de ces propos) qui est venu vous rappeler de « rendre à César… », que vous avez choisi ce lieu pour répondre car je me suis adressé à vous de façon courtoise.
Le principe du web, c’est que chacun peut s’exprimer et diffuser ses propos. En conséquence, les voix se multiplient, je suis l’une d’elles, mais je n’ai pas à répondre de toutes, ou même de quelques-unes.
Je ne suis le porte-parole de personne, sinon le mien.
Et, bien sûr, l’un de ceux de la voix des animaux.

Pour précisions :
Max Berthy a écrit ce que vous mettez entre guillemets dans ce paragraphe : « Me voilà donc, sur le web, accusé d’incarner « la fin du journalisme ». Ma « rhétorique moisie » et une « formulation sournoise » serviraient à produire des  » sous-entendus tendancieux », des « insinuations fielleuses ». Mon « absence d’éthique » nourrirait les propos « imbéciles et falsificateurs » d’un journalisme « de caniveau ».  »
Yvon (qui, comme vous l’a rappelé Max Berthy, est très au fait du milieu journalistique) a écrit les propos que vous citez ici : « Mais rien d’étonnant, n’est-ce pas, puisque j’appartiens « sans doute au dernier carré des journalistes vendus à Marineland ». »
Marlène D. (qui n’est pas moi non plus, je n’écris d’ailleurs de commentaires que sous le nom de mon blog) a évoqué ceci, dont vous m’attribuez l’écriture :
« – comme vous l’écrivez – [..] une « défense » de Marineland. »

  Votre réponse eut été bien plus intéressante et aurait pesé dans la balance si vous aviez fait preuve de plus de rigueur dans la paternité des propos auxquels vous me demandez, à moi qui ne les ai pas tenus, de répondre. Et si vous aviez axé votre mail sur le contenu de ma “Lettre ouverte”.
Et il est bien évident que, le cas échéant, j’y aurais prêté en retour une vive attention.

  Vous évoquez cependant, et dans la foulée, mon logo, au design qui peut certes être jugé « excessif », je le reconnais volontiers (bien que ce ne soit pas un cétacé qui soit dans une flaque de sang, mais le logo de Marineland).
Vous auriez pu d’ailleurs évoquer aussi le titre de mon blog, qui est volontairement très fort et un poil provocateur.
Mais ai-je besoin de vous apprendre, M. Paoli, vous qui avez étudié le journalisme et la communication, que la fonction d’un titre et d’un logo est de renseigner d’emblée le lecteur sur ce qu’il va lire ?
Si vous avez parcouru un peu mon blog, vous avez sûrement noté que la plupart de mes articles sont extrêmement longs. Ils ont donc besoin d’un résumé et d’un étendard qui soient aussi courts, forts et percutants que mes articles sont longs, détaillés et rigoureusement alimentés en sources d’origines variées.

  Vous évoquez aussi dans votre réponse « une pression de plus en plus forte sur tous ceux qui ne partagent pas leurs convictions [celle des militants]. Jusqu’à diligenter, via les réseaux sociaux, une véritable police de la pensée fustigeant ceux qui « pensent mal », ceux qui ne vont pas dans le « bon sens. »
Je tente donc ici de vous poser à nouveau une question, M. Paoli, bien que vous n’ayez pas répondu à celles que je vous posais pourtant clairement dans ma “Lettre ouverte” : Une « police de la pensée » ? Qu’entendez-vous par là ?
Je n’ai vu pour ma part que de nombreuses personnes répondant, parfois de façon véhémente, c’est vrai (la force de l’engagement pour une cause a parfois cette regrettable conséquence, cependant compréhensible à défaut de toujours excusable, car c’est la passion qui est moteur de la défense d’une cause). Mais si certains propos sont parfois secs, voire violents effectivement, la plupart est heureusement posée et souvent très argumentée. Des spécialistes des cétacés, du milieu marin, de la plongée, des journalistes aussi, participent eux-même à ces discussions, et apportent des réponses pertinentes, claires et argumentées à qui vient se poser des questions ou même contester le bien-fondé du combat anti-captivité des cétacés (et des autres).
Il y a aussi parfois ce qu’en langage virtuel l’on appelle des « trolls ». Des personnages qui interviennent uniquement dans le but de provoquer de façon puérile, ou d’insulter les militants présents sur ces publications (c’est le propre du troll), auquel cas les « échanges » (si on peut dans ce cas encore les qualifier ainsi) virent parfois à des guerres de cours de récréation, regrettables, mais fatalement humaines.
Mais vous trouverez ce genre de personnages et de comportement dans absolument tous les domaines et lieux d’échanges virtuels. Cela n’est en rien spécifique au combat anti-captivité, je ne vous l’apprends pas.

  Et, ensuite, « diligentée » par qui ? Avez-vous des noms ? Des sources pour appuyer vos dires ? Des liens ? Des captures d’écrans ?
Si, par « véritable police de la pensée », vous vouliez parler de certaines réactions (et non pas donc, de ceux exposant de longs arguments pour expliquer leur opinion dans un débat) excessives en commentaires sous des publications d’associations ou de collectifs, vous aurez sans nul doute constaté également que les modérateurs de ces pages consacrent beaucoup de temps à rappeler que les injures, les attaques personnelles et l’agressivité sont proscrites, et qu’ils appellent régulièrement au calme, avec sagesse. Vous noterez aussi qu’ils n’incriminent pas les dresseurs, rappelant régulièrement qu’ils ne sont pas à blâmer.

Il est vrai cependant que les associations et collectifs communiquant sur les réseaux sociaux se refusent à pratiquer sur leurs pages le même genre de censure que pratique Marineland sur sa page Facebook officielle. Page sur laquelle le moindre commentaire critique ou simplement interrogatif, même formulé de manière courtoise et argumenté, est aussitôt supprimé et son auteur banni. Certains mots (“pataugeoire” ou “baignoire” par exemple) bénéficient même d’un filtre automatique, qui supprime le commentaire sans l’examiner. La publication annonçant la mort de l’orque Valentin a également été supprimée, juste avant la campagne promotionnelle sur les nouveaux spectacles et la réouverture du parc.
Si vous n’avez pas suivi ces suppressions en temps réel, il vous suffit d’aller faire un tour sur la page du parc pour constater que absolument tous les commentaires qu’on peut y lire sont des éloges du parc (ou à la rigueur des questions techniques sur la réservation des billets). Le ton là-bas est unanime. Et en connaisseur des « réseaux sociaux », que vous citez à plusieurs reprises, vous savez bien que c’est matériellement impossible sans censure.

Ainsi, de quel côté se trouve donc cette « véritable police de la pensée » que vous déplorez ? Je vous pose très sérieusement la question, M. Paoli !

  Vous me reprochez de ne pas avoir parlé du fait que votre employeur, Nice-Matin, avait publié plusieurs articles sur Paul Watson et la conférence de presse de Sea Shepherd, avant et après la dernière manifestation.
Encore une fois, M. Paoli, ma lettre ouverte faisait déjà 11 pages pour répondre à un article qui ne faisait qu’une quinzaine de lignes. Il est vrai, oui, que je n’ai donc pas pu évoquer tous les articles de Nice-Matin qui ont traité des manifestations, ou effectivement de cette fameuse conférence.
Articles que j’ai lu d’ailleurs, et dont j’ai salué l’effort, à titre personnel (et n’excluant pas de les utiliser dans de futurs articles), fait par Nice-Matin pour donner enfin la parole à quelqu’un d’autre que les équipes du Marineland. Une vraie parole, et pas 2 lignes de citations entre 2 interviews des responsables ou dresseurs du parc, comme c’est couramment le cas.
Le fait est cependant que la caricature qui accompagne votre article qui nous occupe ici est bien celle de Paul Watson lui-même.

  Le reste de mon argumentation, M. Paoli, sur l’engagement de Nice Matin au côté du parc Marineland, s’est, il est vrai, surtout appuyé sur un article que j’avais déjà « décortiqué » par le passé, et sur un quizz (analysé également ICI) publié sur l’édition web de votre journal, lequel quizz était sponsorisé, c’est marqué noir sur blanc.
Dans un article-synthèse des évènements médiatiques d’octobre, M. Paoli, que je vous ai déjà indiqué en lien dans la « Lettre ouverte », je cite et source de nombreuses fois des articles de Nice Matin, qui a été très présent sur le front, et a relayé des nouvelles régulières des inondations. Et ce, même s’il a donné la parole presque uniquement aux responsables du parc, sans questionner leurs propos, alors que la quasi-totalité de la presse nationale et internationale a surtout pointé du doigt les manquements du parc et sa gestion désastreuse de la catastrophe, allant jusqu’à remettre en cause son principe même. Un décalage qui est en tout cas interpellant, et peut légitimement questionner la neutralité de votre employeur Nice Matin par rapport au Marineland (qui, je le répète, est l’un des ses annonceurs, vous le savez aussi bien que moi)
Et avant cette catastrophe, M. Paoli, combien d’articles de Nice Matin parlent du Marineland de façon positive, avec des étoiles sous la plume ? Combien d’articles ont pour sujet les coulisses du parc, le quotidien des soigneurs, et dépeignent une image d’Épinal de la vie des animaux au sein du parc ?
Vous arriverez sûrement mieux que moi à comptabiliser tout ça, puisque vous bénéficiez sans doute d’un accès privilégié aux archives du journal qui vous emploie.
Et je vous mets au défi de me prouver que votre journal ne compte pas un nombre ô combien plus important d’articles en faveur du Marineland d’Antibes, ou sponsorisés, ou d’espaces publicitaires classiques, que d’articles en défaveur, invitant au doute, donnant une vraie parole aux militants, et, allez, simplement neutres et objectifs.
Et puisque vous évoquez vous-même la période des inondations, vous noterez que la quasi-totalité des articles de Nice-Matin donnant la parole aux militants, ou faisant preuve d’un ton plus équitable, date précisément d’après les inondations, quand l’ensemble de la presse nationale et plusieurs médias internationaux a commencé à s’intéresser de près aux combats des militants.
Par contre, entre l’été 2015 (période où le combat des militants a pris une ampleur inédite, comme en témoignent les deux grandes manifestations que j’évoquais dans ma “Lettre ouverte”) et la catastrophe d’octobre 2015, votre journal a publié, à un rythme soutenu, plusieurs articles sponsorisés par le parc ( je n’invente rien, c’est marqué dessus !). Dont ce fameux quizz promotionnel, et cette vidéo d’animation (où sont données plusieurs informations inexactes, notamment au sujet de l’orque Keiko, de l’effet de la chaleur sur les ours polaires et des drive-fisheries), vidéo qui apporte la réponse du parc aux arguments des militants.

  Puis, vous me parlez de cette “fameuse” affaire Sevran.
Sachez d’abord, M. Paoli (et si vous avez un peu parcouru mon blog vous l’avez sûrement noté), que je n’utilise jamais Wikipédia dans mes sources, ni pour mes recherches, pour la simple et bonne raison que c’est une encyclopédie participative, où tout le monde (et donc n’importe qui !) peut écrire, et par conséquent que sa fiabilité est toute relative.
Figurez-vous que cette « Affaire Sevran » j’en avais entendu parler à l’époque, en 2006, sans retenir le nom du journaliste à l’origine de la polémique. Ce n’est qu’en cherchant votre propre adresse e-mail, M. Paoli, et celles de vos supérieurs, pour tous vous informer de la parution de ma lettre ouverte (Ah ! Quel bel outil que Google !), que je suis tombée sur une foultitude d’articles sur le sujet, mentionnant votre nom, et dont certains contenaient des débats sur la déontologie du journaliste, que cette affaire a questionnée.
(Voilà pourquoi je mets un peu de temps à écrire mes articles, M. Paoli. Voilà pourquoi ils arrivent souvent « après » ceux des autres, comme vous le soulignez au début de votre courrier : je fais de longues recherches, pour être la plus précise et complète possible.)
Alors, oui, je n’ai pas raconté toute l’ “Affaire Sevran”, d’une part parce que je pensais (peut-être à tort) que beaucoup de monde connaissait l’affaire, sans savoir que vous étiez justement le journaliste derrière la polémique, et que cette évocation suffisait ; et d’autre part parce que la partie en rapport avec le sujet qui nous préoccupe était justement le fait d’attribuer des propos qui n’ont pas été tenus tels quels, sans laisser au lecteur l’opportunité de se faire sa propre opinion sur leur contenu.
Par ailleurs, je rajouterais sur le sujet (parce que je sens bien que ces 2 lignes sur les 11 pages qui composent ma lettre ouverte vous préoccupent beaucoup), si Pascal Sevran n’a pas infirmé les propos que vous lui avez attribué, il ne les a pas confirmés non plus, à ma connaissance, se bornant à envoyer paître ceux qui lui posaient la question. Et de fait, il ne les a jamais écrits tels quels, contrairement à ce qui a été affirmé un peu partout.

  Concernant le fait d’attribuer des propos à quelqu’un, toujours, vous soulignez également que les seuls que vous ayez cités avec des guillemets sont « Libérez les cétacés ». Et c’est rigoureusement exact.
Seulement, les guillemets ne sont qu’un moyen de « faire parler quelqu’un », et il est tout à fait possible de s’en passer en ne laissant aucune place pour le doute chez la majorité des lecteurs, et bien peu d’équivoque. C’est d’ailleurs toute la différence entre rapporter les propos de quelqu’un et lui en attribuer. Et je ne doute pas que vous ayez également appris cette subtilité en école de journalisme et grâce à vos vingt années d’exercice au sein de la profession.
C’est précisément ce qui m’a interpellée tout au long de votre article : que vous déploriez « la violence des attaques » des militants… en n’en rapportant aucune !

  Enfin, M. Paoli, vous indiquez dans votre mail : « Je ne prétends « donner de leçon » à personne, mais je n’entends pas davantage en recevoir d’individus, cachés derrière leurs écrans, qui manient l’insulte et l’injure. »
Je ne vous ai insulté ou injurié à aucun moment, Monsieur. Vous avez d’ailleurs, je le répète, souligné plusieurs fois la courtoisie avec laquelle je me suis adressée à vous.
Aussi, je vous demande encore une fois de bien vouloir faire attention à ne pas mélanger les auteurs des propos que vous citez, et dont vous venez vous plaindre dans un mail qui m’est adressé, car ils ne sont pas de mon fait, et ne m’engagent en rien. En conséquence, il est assez pénible de me les voir brandis sous le nez, comme une démonstration de « comportements excessifs », ce qui n’est absolument pas mon cas.
Ce n’est ni mon devoir, ni même mon rôle, de répondre du comportement d’autrui.

  Je ne milite et n’écris (y compris quand je m’adresse directement à vous, M. Paoli) qu’en tant qu’individu, quand bien même je partage mes convictions avec des dizaines de milliers d’autres personnes en France, et plus encore à un niveau international.
Et je déplore une fois encore que vous n’ayez répondu à aucune des questions que je vous posais dans ma lettre ouverte.

  Quant à cette dernière pique : « individus cachés derrière leurs écran »… J’en attendais mieux de vous, M. Paoli. Le fait d’user d’un pseudonyme (ou acronyme, comme c’est mon cas) n’enlève à rien à la pertinence d’un propos, ou à son sérieux, pourvu que le contenu soit là. Nul besoin de mettre son nom en avant pour appuyer son propos. Vous-même devez sûrement passer énormément de temps devant (ou derrière, selon les points de vues) votre écran pour rédiger vos articles.
Seulement, la différence entre un journaliste professionnel et un rédacteur amateur, c’est que le premier peut être protégé par son syndicat et soutenu par ses supérieurs en cas de problèmes, qu’il lui est bien plus aisé de se défendre en cas de harcèlement ou d’attaques. Une équipe professionnelle, variée et complète, est là pour lui prêter main-forte en cas de besoin.
Le rédacteur web lambda, amateur, et bénévole, ne peut compter que sur lui-même pour se prémunir d’éventuelles attaques, spécialement lorsqu’il prend part au débat public et tient des propos engagés et donc polémiques, et d’autant plus lorsqu’il parle en son nom seul, et ne peut se protéger derrière une association… ou un journal.

  Je concluerai, M. Paoli, en vous rappelant que personne ne vous a reproché d’émettre des doutes ou d’exprimer votre opinion, mais uniquement d’avoir usé pour cela d’une forme lapidaire, non documentée, remplie d’amalgames et d’approximations, et de fait, irrespectueuse de chaque militant, de leurs motivations et de leurs convictions.
Avoir des points de vue différents, ou même opposés, n’exclut pas le respect et la courtoisie. Je pense que cette réponse que je vous adresse à nouveau, ainsi que ma “Lettre ouverte”, vous prouvent que c’est tout à fait possible.

Salutations militantes,

M. D.
(Rédactrice du blog Manipulation Marineland)

Le commentaire de Lionel Paoli sous la « Lettre ouverte d’une militante pro-liberté »

Bonjour « M.D. »,

J’ai lu avec attention votre courriel, qui arrive après les « lettres ouvertes » et autres « réactions » de proches associations que vous connaissez bien. La sincérité de vos propos et de votre engagement, qui transparaît entre les lignes, me pousse à vous répondre – même si vous n’aimerez pas forcément ce que je vais vous dire.

Sachez tout d’abord que, travaillant depuis près de vingt ans sur la Côte d’Azur, j’ai vu naître et croître une contestation qui, pendant les deux ou trois décennies précédentes, ne s’est aucunement exprimée.

J’ai vu les militants anti-Marineland exposer leurs arguments (que vous appelez des « preuves » et qui n’en seront, à mes yeux, que lorsque la Justice se sera prononcée) et exercer une pression de plus en plus forte sur tous ceux qui ne partagent pas leurs convictions. Jusqu’à dilligenter, via les réseaux sociaux, une véritable police de la pensée fustigeant ceux qui « pensent mal », ceux qui ne vont pas dans le « bon sens ».

A ce titre, je ne doutais pas que mon petit article déclencherait votre ire – et j’attendais, avec une impatience mêlée de curiosité, sa manifestation concrète. J’avoue que je n’ai pas été déçu.

Me voilà donc, sur le web, accusé d’incarner « la fin du journalisme ». Ma « rhétorique moisie » et une « formulation sournoise » serviraient à produire des  » sous-entendus tendancieux », des « insinuations fielleuses ». Mon « absence d’éthique » nourrirait les propos « imbéciles et falsificateurs » d’un journalisme « de caniveau ». Mais rien d’étonnant, n’est-ce pas, puisque j’appartiens « sans doute au dernier carré des journalistes vendus à Marineland ».

Vous-même, chère M.D., m’accusez d’attribuer des propos « de façon péremptoire à des personnes ne les ayant jamais tenus tels quels » et citez en exemple l’affaire Sevran (ah ! Quel bel outil que Wikipedia !) en omettant le fait que les propos en question, rapportés dans une interview, ont été confirmés par l’intéressé lui-même trois jours plus tard sur Europe 1 – ce qui lui a d’ailleurs valu d’être mis sur la touche par France 2.
Pour plus d’info sur ce sujet : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2006/12/16/pascal-sevran-ses-phrases-ses-amis_846417_3236.html

Concernant l’article qui nous occupe, la seule et unique citation est la suivante :  » Libérez les cétacés ».

Sont-ce ces propos que j’ai « déformés » ?

Mais passons…

La violence de ces réactions me paraît d’autant plus significative que mon article, si vous prenez la peine de le lire en déposant vos armes, n’est pas – comme vous l’écrivez – une « condamnation » des militants et une « défense » de Marineland. En aucun cas, il ne prétend trancher le débat sur le fond. Il pose simplement des questions et interroge des comportements que l’on peut, légitimement, juger excessifs.

Comme peut l’être, d’ailleurs, le logo de votre blog qui montre un cétacé sur une flaque de sang…

Sur notre titre de presse, « M.D. », je m’étonne que vous ne releviez pas que nous avons consacré une page complète d’interview à Paul Watson AVANT votre manifestation, et encore une page de compte-rendu APRES. Sans doute parce que cela ne colle pas avec votre argumentaire présentant Nice-Matin comme un journal inféodé ?..

Je ne prétends « donner de leçon » à personne, mais je n’entends pas davantage en recevoir d’individus, cachés derrière leurs écrans, qui manient l’insulte et l’injure.

La question que j’ai envie de vous poser, en définitive, est très simple : êtes-vous capable d’accepter l’idée que mes propos ne sont pas dictés par une quelconque malhonnêteté, un parti-pris hostile à vos actions, une volonté de « manipuler » qui que ce soit ? Pouvez-vous entendre des arguments contraires, qui hérissent vos convictions, sans céder à la tentation de discréditer votre interlocuteur ?

Aussi étrange que cela puisse vous paraître, votre combat et vos motivations m’apparaissent plutôt sympathiques.
Mais je revendique le droit, chère « militante pro-liberté », d’exprimer mes doutes lorsque j’estime qu’ils sont fondés.

Bien cordialement,

Lionel Paoli

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s