Marineland : un parfum de scandale écologique et de gasoil flotte autour du parc antibois

Extrait du reportage Le Point
Extrait du reportage Le Point

Le silence était retombé sur le parc Marineland d’Antibes, depuis la tempête de début octobre 2015.
Depuis trois mois, aucune nouvelle ne filtre sur l’état des animaux après la catastrophe, et aucun bilan précis des animaux qui ont trouvé la mort depuis cette nuit-là n’a été établi. La communication du parc s’est bornée à des annonces vagues et optimistes, assurant que la plupart des animaux se portaient bien et que les eaux des bassins étaient redevenues bleues.
Mais deux jours après l’une de ces annonces enthousiastes, faite par un directeur souriant, le parc annonce la mort de Valentin, une orque mâle de 19 ans, née au sein du parc. Les réactions sur les réseaux sociaux s’emballent, les médias de grande écoute mettent en lumière le débat sur la captivité des cétacés. Et si Marineland a produit des images des otaries, des manchots et des ours polaires, il a très peu communiqué sur les orques et encore moins sur les dauphins. En effet, mis à part cette vidéo du 23 novembre 2015, diffusée uniquement sur la page Facebook du parc, et où on aperçoit seulement 5 dauphins sur les 11 répertoriés (par la très sérieuse base de données indépendante Ceta-Base), le public reste sans réelle nouvelle d’eux à ce jour. Aucun n’est précisément nommé ou montré, y compris Alizé, déjà très malade avant les inondations et autour duquel le silence est pesant.
La date de ré-ouverture prévue du parc est passée, durant ces trois mois, de quinze jours après la tempête, à quelques mois, puis début février, et finalement, de façon officielle, début mars.
La synthèse détaillée des évènements et des rebondissements médiatiques du mois d’octobre dans cet article.

   Mais l’hebdomadaire Le Point (qui avait été le premier média à se rendre au sein du parc pour une enquête détaillée et inquiétante, au lendemain de la mort de l’orque Valentin), vient de rendre publique une nouvelle accablante : un petit cours d’eau longeant le parc Marineland et se jetant dans la Méditerranée toute proche, serait pollué par des eaux souillées rejetées illégalement dans celui-ci .

  • Une première visite inquiétante

Le 13 octobre 2015, le lendemain de l’annonce de la mort de l’orque Valentin, deux journalistes de l’hebdomadaire Le Point se rendent sur place, et à force d’insistance, obtiennent le droit de visiter le parc. Ils y tournent les premières images d’après la catastrophe, sous haute surveillance.
Le directeur de la communication, Hervé Lux, qui chapeaute la visite, leur restreint l’accès au bassin des orques. Le petit groupe doit rester au bord des gradins, à bonne distance des soigneurs et des pompiers à l’oeuvre autour du bassin et sous l’eau. Une eau que les journalistes qualifient de « glauque, recouvert(e) çà et là d’une inquiétante mousse stagnante », images à l’appui. Hervé Lux soutient que cette mousse suspecte est de l’écume d’eau de mer. Les journalistes notent la présence de trois orques, peu vives, et d’une quatrième, « isolée dans un bassin attenant, (…) façon quarantaine, comme si elle était malade, ou blessée », mais également d’une pompe de secours, destinée, toujours selon Hervé Lux, à « extraire ces boues résiduelles qui sont au fond des bassins ». Le directeur de la communication finit par qualifier, sous l’oeil de la caméra, l’eau de « sale », en insistant sur un système de pompage qui ne fonctionne pas « à 100 % ». Cette affirmation va à l’encontre des déclarations officielles tenues le jour de la visite des journalistes : sur la page Facebook du parc, Marineland indique avoir retrouvé « des eaux de qualité satisfaisante », et dès le lendemain, dans un communiqué de presse, que « les orques vont bien, (qu’) elles sont dans les bassins dont l’eau est par ailleurs redevenue bleue ».

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Extraits de la vidéo du Point, tournée le 13 octobre au Marineland
  • Où sont évacuées les eaux polluées après la filtration ?

  Après la publication, le 16 octobre, de cet article dressant un constat inquiétant de l’état du bassin des orques et du fonctionnement altéré du système de filtration, la présidente de l’antenne française de l’ONG Sea Shepherd, Lamya Essemlali, contacte les journalistes pour attirer leur attention sur deux points : comment filtrer efficacement les 40 millions de litres d’eau souillée que contient le bassin des orques, quand le système habituel de pompage n’est déjà pas efficace pleinement, et au-delà de ça, où vont ces eaux filtrées et polluées ?
Déjà, dans les jours qui ont suivi les inondations, Sea Shepherd, grâce à une source interne souhaitant conserver l’anonymat, dressait un constat inquiétant  : « 50 centimètres de visibilité dans le bassin des orques, présence de mousse blanche et marron en surface et de boue collante composée d’hydrocarbures dans le fond », photos à l’appui.

  Le Point rapporte dans ce nouvel article du 13 janvier 2016 qu’ils ont contacté la Direction départementale de protection des populations (DDPP) des Alpes-Maritimes, pour les interroger sur d’éventuelles analyses réalisées au sein du parc par leurs services. La DDPP n’a pas souhaité répondre à leurs questions, observant ainsi la ligne de conduite adoptée depuis la parution du premier article du Point.
En effet, dans un premier temps, le 13 octobre 2015, Sophie Béranger-Chervet, directrice de la DDPP, se montrait inquiète au sujet de la qualité de l’eau dans le bassin des orques, la qualifiant de « point noir » et confirmant la présence d’hydrocarbures dans celle-ci. Mais, le 16 octobre 2015, coup de théâtre : la directrice revient sur ses propos, qui auraient été « mal interprétés par la presse ». Elle dément avoir déclaré constater la présence d’hydrocarbures dans le bassin des orques, ajoutant que « aucune analyse d’eau n’a été d’ailleurs faite ce jeudi (15 octobre) dans le bassin des orques par ses services ». Cependant, aucune précision n’est apportée, et aucune déclaration ne vient éclaircir ce brouillard autour des inspections très attendues et exigées dans un communiqué de presse par les associations C’est Assez, Réseau-Cétacés et La Dolphin Connection, regroupées pour l’occasion.

  La pompe de secours a été installée le 12 octobre, et retirée le 4 novembre, indique Le Point. Mais où l’eau pompée a-t-elle été évacuée pendant presque un mois ?

La station de pompage Véolia (visible en jaune) installée tout prêt du bassin des orques - extrait du reportage Le Point
La station de pompage Veolia (visible en jaune) installée tout près du bassin des orques – extraits du reportage Le Point
  • Au détour de la rivière, une pompe déversant des eaux souillées et glauques

  Le 21 octobre 2015, une semaine après leur première visite,  les deux journalistes du Point se rendent à nouveau sur le site du Marineland d’Antibes, où elles retrouvent Caroline Delompré, une coordinatrice de l’antenne niçoise de Sea Shepherd. Celle-ci leur rapporte que l’ONG a relevé des bruits de pompage, et leur désigne « une buse dégoulinante d’un dépôt visqueux et marron ». La buse, reliée à un gros dispositif de pompage, s’égoutte au-dessus du lit du ruisseau. Caroline Dompré confirme l’évidence : « ils (rejettent) l’eau polluée du bassin des orques dans le vallon de la Maïre. » La Maïre, qui longe le parc Marineland, se jette ensuite dans la Brague, qui se jette à son tour dans la Méditerranée, après avoir longé des campings et alimenté des puits.

  Le petit groupe, qui s’apprête à prélever des échantillons d’eau à la sortie du tuyau, est arrêté calmement par un membre de la sécurité. Sur un signe de son supérieur, l’homme change de ton et leur intime de quitter les lieux, menaçant d’appeler la police.
Les journalistes reviennent donc plus tard, et réalisent discrètement deux types de prélèvements dans le lit de la Maïre. 300 mètres avant le parc, dans le parc naturel de Vaugrenier, et d’autres à la sortie des tuyaux suspects, afin de comparer les deux échantillons en toute objectivité.

Les tuyaux installés dans l'enceinte du parc, reliant la station de pompage au lit de la Maïre
Les tuyaux installés dans l’enceinte du parc, reliant la station de pompage au lit de la Maïre – extraits du reportage Le Point
  • Des analyses accablantes

 Les échantillons sont envoyés à un laboratoire lyonnais indépendant et agréé par le Ministère de la Santé : le laboratoire Carso. Son compte-rendu est sans appel, entre les échantillons prélevés en amont du parc et ceux prélevés en aval, la différence est énorme : le taux d’hydrocarbures passe de moins de 0,1 à 31,5 (mg/L). Les chlorures de 62 à 408 (mg/L) et celui de sulfates de 66 à 120 (mg/L).
Ainsi, l’eau du ruisseau avant le parc Marineland ne présentait peu ou pas de traces d’hydrocarbures. Après que le parc y a rejeté ses eaux usées, on observe une concentration en hydrocarbures plus de 30 fois supérieure.
Ces eaux en provenance du parc sont donc bien polluées par des hydrocarbures. Les photos du bassin des orques diffusées par Sea Shepherd, les images du même bassin tournées par Le Point le 13 octobre, ainsi que les propos de la DDPP à l’époque en faisaient déjà état.

Le taux de chlorures, c’est-à-dire la salinité de l’eau, quant à lui, est plus de 6 fois supérieur à celui observé avant rejet, et représente plus du double maximal toléré dans l’eau potable, qui est de 200mg/L. Au-delà, la qualité de l’eau est considérée comme « très mauvaise ».

  Si ces analyses confirment les craintes des défenseurs des animaux quant à l’état véritable (derrière les annonces optimistes mais mensongères des services de communication du parc) de l’eau du bassin des orques après la catastrophe, l’affaire va au-delà de la santé des animaux détenus au sein de ses murs. Marineland rejette des eaux fortement polluées et salées dans l’environnement naturel d’eau douce, un affluent de la Brague, laquelle se jette ensuite dans la Méditerranée, au mépris donc de l’équilibre du biotope de ce ruisseau, et de l’environnement marin que Marineland se targue pourtant de protéger.

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Les prélèvements d’échantillons, au sortir des tuyaux qui acheminent les eaux usées de Marineland dans la Maïre. L’environnement est visiblement très souillé – extrait du reportage Le Point

  • La réponse de Marineland

  Interrogé par Le Point, Jon Kershaw, directeur animalier de Marineland, déclare que « la pompe ne prélevait pas du tout d’eau depuis la piscine (des orques) ». Selon lui, la « flotte qui était pompée par la pompe Veolia venait de (notre) station de filtration », laquelle « se trouve sous les gradins (du bassin) des orques, et ne communique pas avec celui-ci. »

Au sujet des hydrocarbures, sa réponse est sans appel : « ça ne venait pas de nous (mais) d’une cuve à gazoil (qui) venait de quelque part, allez savoir où. » « Elle n’est jamais passée par le bassin des orques ».
La pollution, qui a rendu le bassin des orques de couleur ocre, était minérale. C’était du sable. » précise le directeur animalier, qui n’évoque pas cependant les reflets irisés à la surface de l’eau, ni les dépôts de mousse, pourtant observables dans le bassin, sur les photos de Sea Shepherd et les images du Point.

 En conclusion, Jon Kershaw rappelle que « c’est bien la Brague qui s’est déversé dans le parc et qui nous a donné l’eau souillée. Donc on a retourné à la Brague l’eau qui venait de la Brague. »

  Le directeur animalier ne tente pas de nier les résultats des analyses, mais selon lui, l’eau viendrait de la station de filtration, pas de la « piscine », comme il le dit lui-même. Les hydrocarbures viendraient quant à elles d’une cuve de gazoil qui aurait été présente sur le site (ce qu’il rappelle d’ailleurs au journal Nice Matin, dont l’article -payant- est retranscrit ici).
Les eaux chargées en hydrocarbures n’auraient fait que transiter par le parc, lequel les aurait donc rejetées dans le milieu naturel, sans autre forme de traitement. Des propos d’une désinvolture surprenante venant d’une entreprise dont l’une des missions revendiquées fièrement par le parc d’attraction lui-même, ou via sa Fondation,  est la protection des espèces menacées et du milieu naturel.

Lorsque le journal télévisé de France 2 (13h du 23 Janvier 2016), interroge Jon Kershaw, il réitère : « il n’y a jamais eu d’hydrocarbures dans le bassin des orques, pas la moindre trace. »

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Extrait du Journal de 13h de France 2 du 23/01/16
  • La question des analyses de l’eau du bassin des orques toujours en suspens

  Selon son habitude, Marineland, via son directeur animalier et porte-parole, Jon Kershaw, nie et tempête. Jon Kershaw se déclare « outré » de la façon dont les journalistes ont traité l’affaire. Une enquête à charge, s’indigne-t-il dans Nice Matin. Il soutient que « tout est faux », remettant donc en question des images, photos et vidéos, venant de différentes sources, et des rapports d’analyses réalisées par un laboratoire indépendant et agréé par le Ministère de la Santé, montrant toutes une eau visiblement souillée par des hydrocarbures.

  Sur la question de ces fameuses analyses révélant la présence d’hydrocarbures, le directeur animalier donne également une réponse tranchée aux journalistes du Point : « il n’y a jamais eu d’hydrocarbures dans le bassin des orques. C’est ridicule, physiquement et logistiquement impossible. Nous avons été contrôlé par la Préfecture et la DDPP le lendemain de l’inondation, qui ont rédigé un rapport d’analyse. Je ne peux pas vous fournir ce rapport. Pourquoi je le ferais ? »
La même DDPP (qui, selon Kershaw, aurait donc mené une inspection le lendemain des inondations), affirmait pourtant le 13 octobre, suite à une nouvelle inspection réalisée le jour-même, avoir observé la présence des hydrocarbures dans le bassin des orques. Sa directrice déclarait dans la foulée au Point que son « inquiétude, (c’était) qu’il (l’orque Valentin) soit décédé à cause de l’eau toxique qui a infiltré leur bassin. Ça représenterait un vrai danger pour les autres ». Elle décrivait dans le même article un parc dépassé par les évènements, cherchant les listings de ses animaux dans des tiroirs pleins d’eau.
Si la DDPP s’est rétractée 3 jours après, niant avoir observé des hydrocarbures, aucune précision n’a été donnée, et aucun rapport ou analyse rendus publiques depuis.
Ce revirement soudain, au lieu de faire taire rumeurs et inquiétudes, soulève de nouvelles questions : Quel rôle a joué la DDPP ? Qu’a-t-elle contrôlé au Marineland ?

Dans Nice Matin, Jon Kershaw indique que « la seule pollution relevée et transmise à la DDPP était minérale. »
Une formulation qui interpelle car elle semble indiquer que Marineland aurait lui-même effectué des prélèvements, pour les transmettre à la DDPP, lesquels prélèvements n’indiquant (bien évidemment) qu’une pollution due au sable et la boue, inconfortable donc, mais sans gravité pour la santé des cétacés qui séjournent en permanence dans ce bassin.
Sophie Béranger-Chervet, directrice de la DDP, avait publié un démenti à ses précédents propos, où elle attestait de la présence d’hydrocarbures dans l’eau du bassin et qualifiait la qualité de l’eau du bassin des orques de « point noir ». Dans ce démenti, elle accusait la presse d’avoir déformé ses propos (propos pourtant rapportés par différents médias nationaux et locaux, et par Le Point) que ses services n’avaient effectué aucune analyse de l’eau ce jour-là.
Alors, quelles analyses ont donc été effectuées ? Et qui les a effectuées ? Marineland, qui a un intérêt évident à nier la présence d’hydrocarbures dans ses bassins ? Ou la DDPP, organisme gouvernemental, astreint en théorie à un devoir de neutralité et d’information des populations ?
Le 17 octobre 2015, dans le 19.45 de M6, sa directrice, Sophie Béranger-Chervet, sort de son devoir de neutralité au sein même des locaux de la DDPP. Elle prend la défense du parc, face aux accusations de mise en danger des animaux : « Je trouve que ce n’est pas correct de jouer de la détresse des gens à ce moment-là, et des animaux aussi, pour dire qu’ils ne sont pas bien. (…) Je pense que jouer avec ça, c’est dangereux. »
Aujourd’hui, la DDPP, après un démenti, et une prise de position choquante et à peine voilée, toujours sans aucune information complémentaire données, reste farouchement muette.

Extrait du 19.45 de M6, le
Extrait du 19.45 de M6, le 17 octobre 2015

 

  Sea Shepherd France, devant la réaction du parc, qui nie la plupart des accusations formulées à son encontre, résume sur son site officiel : « l’eau de mer du bassin des orques, contaminée par des hydrocarbures (et autres substances toxiques), a été rejetée dans l’eau douce de la Maïre sans aucun filtrage, ni traitement, ni autorisation pendant presque un mois.(…) Le Marineland d’Antibes, qui génère un chiffre d’affaires de 43 millions d’euros annuels, et dont la Fondation est une vitrine écologique censée véhiculer l’image d’un groupe soucieux de l’environnement, n’a pas hésité, pour des raisons purement financières, à polluer l’écosystème en toute illégalité et à maintenir ses animaux captifs dans des conditions dangereuses pour leur santé ».
L’ONG rappelle que « il s’agit là de graves accusations qui remettent en question l’éthique du groupe et son respect de la loi », et, en conséquence, « (encourage) Marineland à utiliser les recours légaux à sa disposition et à déposer plainte en diffamation afin de faire toute la lumière sur toute cette affaire. »

Il est également important de rappeler que ce n’est pas la première accusation de pollution de l’environnement à laquelle est confronté le Marineland d’Antibes. En effet, le nouveau bassin de orques,  en 2000, a été construit sur la nappe phréatique du parc naturel de Vaugrenier, et sa réalisation, baclée, provoque de graves dégâts sur l’étang tout proche.

L'étang de Vaugrenier - Source photo freedolphinsbelgium.wordpress.com
L’étang de Vaugrenier – Source photo freedolphinsbelgium.wordpress.com

  Aux journalistes du Point venu recueillir son point de vue sur cette affaire de pollution du cours d’eau, Jon Kershaw a déclaré : « Je ne vous dois aucune explication. »

Et qu’en est-il du grand public ?

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