Nuit et Brouillard médiatique sur Marineland : l’heure du bilan après la catastrophe

  Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, de violentes intempéries ont secoué le sud-est de la France, dévastant une partie de la Côte d’Azur. Le Marineland d’Antibes, construit au bord de la Méditerranée sur la commune de Biot, en zone inondable, a subi lui aussi de gros dégâts.

Marineland, avec sa confiance en lui inébranlable en apparence et un optimisme insolent, se serait donné au lendemain de la tempête 15 jours pour remettre le parc en état et ré-ouvrir ses portes au public.

Plus de deux semaines sont passées et la date de ré-ouverture potentielle est dépassée. Les premières images aériennes montraient un parc dévasté et recouvert de boue. Les rumeurs les plus folles sur l’état de santé des animaux ont circulé, alimentées par l’inquiétude du public, face aux informations contradictoires délivrées au compte-goutte par le parc, qui a prudemment limité l’ouverture de ses portes aux médias.

Retour sur le déroulement des évènements.

  • Jour J : nuit du 3 au 4 octobre

La tempête occasionne d’énormes dégâts, les villes de Nice, Cannes, Biot, Antibes… sont balayées par les débordements des cours d’eau et notamment du fleuve de la Brague. Météo France annonce des records de pluie (10% des précipitations annuelles en deux jours) et un phénomène « d’intensité tropicale ». Le premier bilan de la préfecture des Alpes-Maritimes annonce dix-sept morts et quatre disparus. Des campings et des voitures sont emportés par les flots, des maisons et des rues dévastées, des dizaines de milliers de foyers privés d’électricité. Les réseaux ferroviaires et autoroutiers sont fortement touchés.

  • J + 1 : 4 octobre

L’état de catastrophe naturelle sera déclaré dans les prochains jours. François Hollande se rend sur place et annonce à Biot, commune sur laquelle est construit Marineland, la création d’un fond d’aide aux sinistrés, ainsi que des aides aux collectivités locales.

Les premières images du sinistre tournent en boucle sur les chaines d’information continue et les réseaux sociaux. On découvre en direct, sur des images filmées par un drone qui survole le parc, l’état catastrophique du Marineland d’Antibes. Seul le bassin des dauphins, construit en hauteur, semble avoir été épargné, ses eaux sont bleues. Le reste n’est qu’un immense champ de boue.

Vue aérienne du Marineland d’Antibes au lendemain des violents orages
  • J + 2 : 5 octobre

Les premières images de l’intérieur du parc, fournies par l’Agence Française de Presse, tournent en boucle sur les chaines d’information continue. On y voit les otaries nageant dans l’eau boueuse, ou se réfugiant sur les rochers. Elles poussent en permanence des cris de détresse déchirants. On aperçoit une orque remontant à la surface dans les eaux troubles du bassin. Des dizaines de pompiers sont sur place, pompant l’eau, et prêtant main-forte aux dresseurs pour secourir les animaux. Reportage TF1, l’état du Marineland à 1min 50 sec.

Le Directeur, Bernard Giampaolo, confirme que 90% du parc a été touché, et que 90% des installations techniques ont subi « des dégâts importants, voire très importants. » Il ajoute que « les systèmes de tenue en vie des animaux doivent être rétablis ».

L’AFP, sur place, rapporte une ambiance de carnage, et un parc touché à 90% par la vague de deux mètres qui a traversé le parc. Le journaliste décrit « des manchots et otaries pataugeant dans une eau trouble et marronnasse ». Plus d’eau propre, panne générale d’électricité. Bernard Giampaolo confirme : « on n’a plus d’électricité, on n’a plus d’arrivée d’eau, on n’a plus rien. » Ces déclarations font craindre le pire pour les animaux, et notamment les poissons tropicaux et les requins, qui sont immédiatement dépendants de l’électricité (renouvellement de l’eau, oxygénation, thermostat) pour leur survie.

Un membre du collectif Anti-Parcs marins (anciennement Anti-Marineland), qui s’est rendu sur place, a constaté de ses propres yeux l’ampleur des dégâts, du moins ceux visibles de l’extérieur, et l’agitation qui semble régner au sein du parc. Des clients de l’hôtel du parc, inauguré ce printemps et durement touché lui aussi, lui racontent qu’une raie a été retrouvée morte sur le parking et qu’ils ont vu des otaries et des tortues errer en liberté dans le parc. Ils racontent avoir entendu les cris de détresse des otaries toute la nuit.

Seules les otaries et quelques tortues ont été vues par les journalistes. Les Orques, les dauphins, les ours polaires, les raies, les requins et les animaux (lémuriens, petits rongeurs, poules, lamas, poneys, chèvres, moutons…) de Kid’s Island, la mini-ferme du parc, ne sont pas visibles.

Dans ce flash info de ITV, relayé également sur la page facebook d’Anti-Parcs Marins, le directeur du Marineland d’Antibes apparait troublé, l’assurance affichée habituellement a disparu, mais il conclut en voulant « rassurer les gens ». Il affirme que « les animaux vont bien », en indiquant avoir « eu de la perte animale (…) surtout les animaux de Kids, qui sont les animaux de la ferme, et puis un petit peu aussi des animaux ici à Marineland. » La formulation est maladroite, embrouillée, contradictoire, loin de rassurer justement. Elle n’apporte aucune information concrète, si ce n’est que des animaux (mais lesquels ?) ont bien trouvé la mort.

Partout dans la presse, on rapporte les propos du directeur : il choque le public en utilisant le terme de « casse animale », mais toujours sans donner de détails nulle part.

La presse parle d’une ré-ouverture prévue sous quinze jours.

Les otaries dans l’eau boueuse – photo Paris Match
  • Du 6 au 8 Octobre :

Devant le silence presque total du parc Marineland, les rumeurs les plus folles courent sur internet et les réseaux sociaux : après les premiers constats dramatiques au lendemain de la tempête, il n’y a aucune nouvelle, et peu ou pas d’images des ours polaires, des orques, des dauphins, des manchots, des tortues, des requins et des poissons.

On ne sait pas quels animaux sont morts, ou blessés, ou malades, et combien. On ne sait pas dans quel état se trouvent enclos et bassins.

Les défenseurs des animaux, ainsi que les adeptes du parc Marineland, sont tous extrêmement inquiets et craignent le pire.

  • J + 6 : 9 Octobre

Marineland publie enfin un message sur sa page Facebook et dresse son premier bilan officiel sur la situation du parc et l’état des animaux. La communication du parc affirme que la qualité de l’eau est revenue et que les systèmes de pompage et de filtration sont à nouveau opérationnels.

Le parc déplore « la perte de 4 tortues (8 ayant été sauvées), quelques raies, des poissons (loups de mer) dans des petits bassins extérieurs et certains des plus petits animaux de Kids Island tels que des lapins, cochons d’inde, poules, chèvres et moutons ».

Marineland assure enfin que « les poneys, ânes, lémuriens, lamas, cochons, furets, gerbilles et rats, et la totalité des oiseaux ont survécu. Les installations des aquariums tropicaux n’ont subi aucun dommage, tout comme l’Aquarium Tunnel des requins. Tous les mammifères et oiseaux marins du parc : dauphins, orques, otaries, manchots, ours polaires se portent bien. »

La publication est assortie d’une photo bleue du bassin des otaries et du hashtag victorieux #RetourAuBleu. Seulement, on n’observe sur la photo aucuns signes des ravages de la vague de deux mètres qui a submergé le parc et ses alentours, ni aux abords du bassin, ni dans les allées, ni à l’extérieur du parc, qui sont visibles sur l’image. Rien n’apporte donc la preuve rassurante que la photo n’a pas été prise avant la catastrophe.

Par ailleurs, le fait que seules les otaries soient montrées régulièrement depuis des jours est une source supplémentaire d’inquiétude concernant la santé des autres animaux et l’état de leurs lieux de vie.

Cependant, Jon Kershaw, le directeur animalier, affirme à Sciences et Avenir « la main sur le cœur, (que) tous les bassins sont parfaitement limpides, excepté celui des orques. » Ce #RetourAuBleu total affirmé par Marineland est donc à prendre avec prudence.

Dans le même temps, on apprend que de l’autre côté de l’Atlantique, la veille, la Commission Côtière de Californie a statué sur le projet d’agrandissement de ses bassins par SeaWorld. L’entreprise pourra mettre en place le Blue World Project, mais avec des conditions : elle ne pourra plus faire reproduire les 11 orques détenues dans le parc, que ce soit par insémination ou par accouplement. En outre, SeaWorld n’aura plus le droit de vendre ou de transférer les animaux. Si cette mesure ne concerne aujourd’hui que la Californie, c’est un coup rude porté aux projets d’extension de l’entreprise. Les associations de défense des droits des animaux y voient la fin annoncée du parc de San Diego, puisque les orques qui mourront dans les bassins ne pourront plus  jamais être remplacées. SeaWorld comptait tripler la taille des bassins de San Diego mais dans le même temps, le nombre des orques qui y sont détenues. Alors, la compagnie s’indigne : « la reproduction est une part naturelle, fondamentale et importante de la vie de l’animal et l’en priver est inhumain. » La compagnie projette de faire appel, jugeant la décision de la Commission abusive, et n’exclue pas la possibilité d’abandonner ce projet. Le but affiché était pourtant de créer un espace de vie idyllique qu’ils présentent comme correspondant au mieux aux besoins physiologiques des orques.

En attendant le verdict de la Commission Côtière, jeudi 8 octobre 2015 en Californie – Photo Damian Dovarganes/AP/SIPA
  • J + 7 : 10 octobre

Interview vidéo de Bernard Giampolo pour le journal Nice Matin. Cinq jours après les images qui montraient un paysage de chaos et un directeur très soucieux, Giampaolo annonce avoir ce matin-là « le sourire. » « Tous les animaux vont bien, ajoute-t-il, tous nos orques sont là, tous nos mammifères marins sont là, les aquariums sont tous en état de marche. » Indiquant tout de même qu’il reste des « stigmates qui seront longs à réparer », il conclut que « le plus important, c’est le bien-être et le bonheur des animaux, et là, le pari est réussi », un grand sourire aux lèvres.  Le discours est très optimiste et auto-satisfait. Malheureusement, les images qui l’accompagnent montrent que, dans le bassin des orques, l’eau est encore trouble (contrairement à ce qu’avait affirmé le parc la veille sur sa page Facebook). Et à aucun moment on n’aperçoit  les cinq orques du Marineland toutes ensemble.

Le directeur du Marineland aborde ensuite, par une pique bien sentie, le sujet des rumeurs qui courent sur les réseaux sociaux depuis cinq jours, devant le silence presque total du parc sur la santé des animaux et le mauvais état annoncé des installations techniques nécessaires à leur survie. Il affirme « qu’il est facile de critiquer devant un petit ordinateur, derrière un écran, avec un pseudo, et puis d’envoyer pleins de méchancetés à la face des gens. » Il rappelle avec mépris qu’il y a « des animaux à s’occuper » et « des gens qui sont morts ». Il poursuit en invitant « tous ces gens qui sont bienveillants ou malveillants » à venir voir les animaux sur place.

Il convient donc de rappeler à Bernard Giampaolo que, au lendemain des intempéries, des collectifs et associations ont décidé de mettre entre parenthèses leur combat pour la fermeture du parc, afin de proposer leur aide sur place au parc pour secourir les animaux, soulignant qu’elles oeuvraient « dans l’intérêt des animaux avant tout » et que, dans cet état d’urgence, ceux-ci étaient « la priorité ». Cette décision honorable et courageuse n’a pas fait l’unanimité parmi le public anti-captivité et  a été très critiquée sur les réseaux sociaux. Marineland a refusé cette proposition d’aide, refoulant à l’entrée du parc les bonnes volontés pourtant venus en paix et en leur nom propre.

Bernard Giampolo conclue l’interview en affirmant un grand sourire aux lèvres que « Marineland est là depuis 45 ans, et Marineland sera là, encore, dans 45 ans. »

  • J + 9 : 12 octobre :

L’optimisme et l’auto-satisfaction affichés deux jours plus tôt sont mis à mal par la triste nouvelle qui tombe ce lundi, en début d’après-midi, dix jours après l’orage. L’orque Valentin vient de mourir.

Le fils de Freya, elle-même morte moins de 5 mois plus tôt, né il y a 19 ans au sein du parc, a été retrouvé mort à midi, indique Marineland sur sa page Facebook.

Le parc déplore dans la publication avoir connu « une situation extrêmement difficile et sans précédent ». Pourtant, des inondations ont déjà affecté durement le parc à plusieurs reprises et notamment en 2011, causant la mort de nombreux poissons, et 200 000 euros de dégâts « rien que pour le système de filtration », annonçait alors Jon Kershaw. Il indiquait également avoir « vécu (des inondations comme) ça trois fois déjà. Mais jamais à ce point-là ! » Le parc étant construit en bord de Méditerranée et sur une zone inondable, ce genre de catastrophe n’est malheureusement pas une surprise.

Au sujet de la mort de Valentin, et bien qu’évoquant la catastrophe, le parc reste prudent et ne relie pas l’évènement à la tempête : « Nous n’avons à cette heure aucune explication sur les causes du décès, nous allons tout faire pour comprendre. » Ils concluent en assurant que « des analyses seront réalisées par une équipe de vétérinaires experts. » Le discours étaient le même lors de la mort de Freya, assorti de la promesse que le rapport de nécropsie serait rendu publique, ce qui n’est toujours pas le cas, cinq mois après l’annonce du décès de la matriarche.

En outre, le dauphin Alizé, qui aurait déjà été gravement malade avant les intempéries, serait dans un état grave et à nouveau isolé en bassin médical.

Le corps de Valentin partant à l’équarrissage – Photo Infos Vie Marine

Dans le même temps, 20 Minutes rapporte que Bernard Giampolo, le directeur du parc, leur a confié, au lendemain des orages, que « le flot qui a touché certaines installations contenait des hydrocarbures, provenant des cuves de mazout de certaines habitations et des voitures renversées », ajoutant cependant qu’il n’y avait « pas de quoi polluer directement le bassin des orques, qui contient des millions de litres d’eau ». Il avait souligné qu’il fallait « tout de même rétablir la situation rapidement ».

  • J + 10 : 13 octobre

Toute la presse nationale et plusieurs médias internationaux ont relayé la nouvelle de la mort de Valentin. Marineland est mis à l’index et le débat sur la captivité des cétacés plus que jamais relancé, sur les réseaux sociaux et dans tous les médias. Jean-Marc Morandini, dans son émission Le Grand Direct de la Santé sur Europe 1, pose enfin LA question : « Est-ce la place d’une orque d’être enfermée dans un parc aquatique comme celui du Marineland d’Antibes? ». La réponse de l’invitée, Natacha Harry, vétérinaire et présidente de la SPA, est très claire : la captivité ne peut offrir des conditions de vie dignes, adaptées à leurs besoins physiques et psychologiques, à ces animaux.

Les associations C’est Assez, Réseau-Cétacés et La Dolphin Connection s’associent pour demander dans un communiqué de presse l’ouverture d’une enquête en urgence au sein du parc, pour vérifier « l’état de la nourriture, sa qualité et sa fraîcheur, l’état de l’eau des bassins ainsi que les conditions dans lesquelles sont, à ce jour, détenus l’ensemble des mammifères marins ».

L’association américaine Friends Of Animals adresse une plainte officielle au gouvernement français, réclamant également une enquête officielle et des résultats rendus publiques.

L’ONG Sea Shepherd dresse un constat inquiétant de l’état déplorable de l’eau du bassin des orques, indiquant, selon une source présente sur place et souhaitant conserver l’anonymat, « 50 centimètres de visibilité dans le bassin des orques, présence de mousse blanche et marron en surface et de boue collante composée d’hydrocarbures dans le fond », photos à l’appui.

Plus inquiétant encore, selon cette même source, l’orque Wikie (née au parc en 2001, seule femelle encore vivante et mère de deux des trois autres orques survivantes du parc) serait isolée dans un bassin, prostrée et refusant de s’alimenter. Pire encore, elle aurait été attaquée et blessée par les autres. Stressées, les orques se montrent très perturbées et agressives depuis la catastrophe. Une infection des blessures de l’orque, due à l’état catastrophique de l’eau, sont à redouter.

L’eau du bassin des orques – Photo Sea Shepherd

Le site officiel de Marineland est piraté et rendu inaccessible. L’opération a plusieurs fois été attribuée aux Anonymous, très engagés contre la captivité des cétacés.

Le collectif Sans Voix Paca, soutenu par Anti-Parcs Marin, annonce l’organisation d’une marche silencieuse le 25 Octobre, « en hommage à tous les ETRES VIVANTS victimes des intempéries ». Valentin sera mis à l’honneur. Dress-code noir et flambeaux en signe de recueillement.

  • J+11 : 14 octobre

Marineland annonce que la mort de l’orque Valentin serait due à une torsion de l’intestin. Le quotidien Nice Matin rapporte que Jon Kershaw ne voit pas « quel pourrait être le rapport entre les inondations et ce décès soudain ». Le directeur animalier reste cependant « prudent » et insiste sur la nécessité d’attendre les résultats complets des examens post-mortem, et notamment les analyses toxicologiques. L’article précise que cette torsion intestinale désignée comme la cause de la mort de Valentin a été constatée lors d’un « premier examen visuel », selon la direction du parc.

Le parc affirme dans le même communiqué que « les orques vont bien, elles sont dans les bassins dont l’eau est par ailleurs redevenue bleue ».

Avec un à-propos judicieux, le parc communique dans la foulée sur la nécropsie de Freya, dont les résultats pourtant promis au public se font attendre depuis plus de 5 mois. Celle-ci serait donc morte d’une crise cardiaque (le parc aurait reçu les résultats de sa nécropsie seulement une semaine auparavant), alors qu’au moment de sa mort, le parc parlait dans la presse d’une « longue maladie ».

En réaction aux propos de Bernard Giampaolo reprochant, quelques jours plus tôt, aux auteurs des critiques envers le Marineland de se « cacher derrière un écran avec des pseudos », le collectif Back To The Sea lance sur Facebook l’évenement « Marineland, pas que des pseudos ! » Il y invite ceux qui sont contre la captivité des cétacés à publier sur la page un selfie assorti du hashtag #Marinelandpasquedespseudos. En seulement deux jours, plusieurs dizaines de photos sont publiées par les internautes. L’évènement affiche aujourd’hui 2 500 participants de tous horizons et de tous milieux, y compris des spécialistes en biologie marine. Il y a des photos de familles, des gens donnent leur nom, leur métier, leur lieu de résidence, revendiquant avec fierté leur prise de position contre l’industrie de la captivité. L’indignation face aux propos du directeur du Marineland, qui tente de tourner en ridicule les voix de plus en plus nombreuses qui critiquent les delphinariums, est générale.

  • J + 12 : 15 octobre

Nice Matin annonce sur son site que  la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) des Alpes Maritimes a réalisé une inspection du parc quelques jours plus tôt, le 13 octobre, le jour même où plusieurs associations ont adressé un communiqué à la presse réclamant une telle enquête. La directrice de la DDPP, Sophie Béranger-Chervet, confirme la présence d’hydrocarbures dans les bassins des orques. Elle parle « de matières polluantes, vraisemblablement du gasoil », qualifiant l’eau du bassin de « point noir », qu’elle estime pourtant ne pas mettre « a priori » la santé des orques en danger.

De son côté, la Orca Rescues Fondation, qui oeuvre pour la réhabilitation des orques captives en milieu naturel, a rapporté au collectif Anti-Parc Marins s’être rendu la veille au Marineland d’Antibes. Le directeur de la Fondation, qui travaille avec le Docteur Ingrid Visser (spécialiste de l’observation des orques sauvages et militante anti-captivité), est venu de Grande Bretagne pour constater de ses yeux l’état du parc et des animaux. Il a réussi à entrer « un peu » dans le parc et à « discuter cordialement » avec un employé qu’il a croisé. Il indique avoir constaté que des bâtiments n’étaient pas encore nettoyés, la priorité étant donnée aux bassins et aux animaux. Il se dit stupéfait par le désastre. Ses différentes sources (dont une sur place) lui ont rapporté les mêmes informations : Keijo est toujours vivant (des rumeurs ont couru sur sa mort, l’orque demeurant invisible), Wikie également. Cette dernière a bel et bien été attaquée et blessée à l’aileron, mais seulement par Inouk (son demi-frère). Orca Rescues Fondation souligne le caractère tout à fait anormal de cette attaque, les orques vivant dans des sociétés où les femelles dominent les mâles. Wikie, seule femelle et mère de deux des quatre orques restantes, devrait donc, en principe, se trouver, depuis la mort de Freya, dans une position de matriarche respectée. Son isolement est par contre impossible à confirmer. Anti-Parcs Marins indique que « le 14 Octobre 2015, à 15h, (les orques) ont été vues toutes les 4. Elles se nourrissent et réagissent aux consignes des soigneurs. » Les ours polaires et les dauphins (peu touchés) iraient bien. Les pompes sont à nouveau opérationnelles, des produits injectés, l’eau retrouve peu à peu sa couleur initiale. La fondation précise que « le parc reste cependant méfiant concernant les répercussions à long terme sur la santé des animaux. La présence de toute cette pollution peut engendrer des soucis par la suite. La santé des pensionnaires sera donc surveillée. » Ce qui contraste quelque peu avec le ton adopté par la direction du Marineland à la télévision et sur les réseaux sociaux, où le parc affiche une confiance et un optimisme confinant à l’insouciance.

Orca Rescues évoque également Sophie Béranger-Chervet, de la DDPP des Alpes-Maritimes.  « Elle aurait déclaré que le parc ne ré-ouvrirait pas ses portes tant que des solutions ne seraient pas mises en place, en cas de phénomène météorologique, pour assurer la sécurité des animaux. On parle donc d’une réouverture vers Mars / Avril 2016. »

Un communiqué de presse annonce le départ du directeur de Marineland, Bernard Giampolo, rendu officiel la veille par le groupe Parques Reunidos. Le groupe désigne ainsi un coupable aux yeux du public et l’éloigne du paysage, selon une technique éculée des grandes entreprises en crise. « Après 9 ans au sein du parc Marineland, Bernard Giampolo prend la direction générale du parc Mirabilandia à Ravenna en Italie ». Le directeur qui assurera l’interim au Marineland d’Antibes se nomme Jésus Fernandez Moran. Il est bien connu des militants anti-captivité qui s’inquiètent de cette nomination, car le nouveau directeur serait proche d’un « négociant en dauphins sauvages », aux activités troubles et notamment en lien avec les massacres de la baie de Taiji, au Japon : Johan Markus. Les deux hommes ont longtemps travaillé ensemble au Zoo Aquarium de Madrid, qui appartient lui aussi au groupe Parques Reunidos.

L’information de la mise en vente du groupe Parques Reunidos, auquel appartient le Marineland d’Antibes, apparait sur les réseaux sociaux. Les enchères, annoncées pour l’automne, auraient donc lieu en ce moment même.

Contacté le jour même par Nice Matin, Mike Ridell, directeur du Marineland pendant 25 ans (et remplacé lors du rachat du parc par Parques Reunidos) monte au créneau pour défendre le parc (qu’il aurait pourtant fustigé lors de son renvoi en 2006). Il se dit « chagriné, en colère contre le déchaînement de pseudos informations véhiculées par les activistes, toutes aussi fausses les unes que les autres ». Il ajoute que « (remettre les orques en milieu naturel) a déjà été tenté au Canada, il (l’orque) en est mort car rejeté par les orques sauvages. » Rappelons à Mike Ridell, qui s’indigne pourtant de voir circuler de « fausses informations », que la seule orque captive qui a suivi un programme de réhabilitation en milieu naturel, Keiko,  celle qu’il évoque donc sans la nommer, a retrouvé la liberté dans les eaux d’Islande et de Norvège. Rappelons-lui également que Keiko a rejoint à plusieurs reprises, et parfois pour de longues périodes, des orques sauvages (certaines sources ayant participé au programme de réhabilitation affirment en outre qu’il aurait noué des liens particuliers avec une femelle). Rappelons enfin, qu’après cinq années passées en pleine mer, c’est à la suite d’une pneumonie foudroyante que s’est éteint Keiko, entouré par l’équipe qui veillait sur sa réhabilitation.

Mike Ridell reste fidèle à la ligne de conduite des delphinariums, y compris le Marineland d’Antibes, qui ne cessent de prétendre que les opposants à la captivité veulent simplement « (re)lâcher les animaux dans la nature« , sans protocoles rigoureux, sans précautions aucunes et sans suivi. Marineland maintient que la réhabilitation de Keiko fut un échec, et que l’orque est morte de faim, occultant délibérément les cinq années que l’orque a passé en pleine mer, et le fait qu’il a été capable de parcourir près de 1 600 kilomètres dans l’Atlantique Nord, arrivant à se nourrir seul et suffisamment pour que l’équipe constate son excellente condition physique au terme de son long voyage.

En son temps, l’ex-directeur a orchestré les transferts depuis le Marineland d’Antibes de Tanouk, vers le Japon, et Shouka (soeur de Wikie et d’Inouk) vers les USA. Il a également attaqué en justice les auteurs des rares photographies disponibles de ces transferts.

Keiko libre en Norvège – Source photo freedolphinsbelgium.wordpress.com

Dans une tribune publiée dans le Nouvel Obs, John Hargrove, ancien dresseur à SeaWorld et au Marineland d’antibes, aujourd’hui farouche opposant à la captivité, accuse le parc : « Marineland a tué (l’orque) Valentin ». « Le quotidien de Valentin était un enfer », raconte l’ancien soigneur. « Je regrette d’avoir travaillé à Marineland ». L’ex-dresseur en chef au SeaWorld de San Diego avait été embauché par Marineland pour apprendre aux dresseurs et aux orques à nager ensemble dans l’eau. Cette pratique, appelée « water-work », est aujourd’hui interdite, suite à plusieurs accidents graves de dresseurs, et certains mortels. Ces accidents sont racontés dans l’essentiel documentaire Blackfish dans lequel John Hargrove témoigne. John Hargrove s’adresse à Marineland, rappelant une fois de plus que les animaux, emprisonnés dans leurs bassins, ne pouvaient fuir la catastrophe comme ils l’auraient fait dans la nature. Il décrit ce qu’aurait dû être la vie de Valentin, dans une ode à la vie sauvage, et adresse ses adieux à l’orque qu’il a côtoyé de près et avec laquelle il a nagé quotidiennement. « C’est écœurant de se dire que Valentin est mieux mort que dans l’enfer de son quotidien où on le force à faire des tours comme au cirque pour le profit de Marineland. »

  • J + 13 : 16 octobre

L’hebdomadaire Le Point publie le compte rendu de leur visite au Marineland, le 13 octobre, au lendemain de la mort de Valentin. L’article, accompagné d’un reportage vidéo, intitulé « Marineland, le monde du silence ! » parle d’une « omerta » régnant dans le parc. « Les employés ont peur de parler, confie une source proche du dossier. La politique de la direction se résume à : Si tu parles, on te vire. » Dans un premier temps, le directeur de la communication, Hervé Lux (qui s’exprime rarement dans les médias, cédant la place à Jon Kershaw, directeur animalier, et à Bernard Giampolo, directeur du parc) refuse de laisser entrer les journalistes, qui contactent alors Bernard Giampolo. Ce dernier les autorise « très exceptionnellement » à entrer, « pour (leur) prouver que (ils n’ont) rien à cacher. » Une visite guidée de trente minutes sous la surveillance de Hervé Lux, qui apparait mal à l’aise, bredouillant, « regardant ses chaussures » et « mal informé ». Il ignore le nombre d’animaux recensés à Marineland, dresse un inventaire bredouillant et peu clair des animaux morts, esquivant la question de la mort de Valentin. Il coupe court aux questions concernant les dauphins : « Je préfère que vous demandiez à Jon (Kershaw)… » que les journalistes ont tenté de joindre en vain. Si Hervé Lux se félicite de la propreté du bassin des otaries, la visite dans le tunnel des requins, où une odeur d’égouts règne et où sol et murs sont couverts de boue, est rapide. Le bassin des raies, totalement balayé par la vague, est aujourd’hui vide. L’accès au bassin des orques est refusé, les journalistes doivent rester au bord des gradins. Ils observent néanmoins « un liquide glauque, recouvert çà et là d’une inquiétante mousse stagnante » (images à l’appui), que Hervé Lux soutient être de l’écume d’eau de mer. Les journalistes, que soigneurs et pompiers évitent soigneusement, notent la présence de 3 orques, peu vives, et d’une quatrième, « isolée dans un bassin attenant, (…) façon quarantaine, comme si elle était malade, ou blessée. »

Une semaine plus tôt, Marineland indiquait sur sa page Facebook que « les animaux (avaient) retrouvé une eau propre et claire » et que les systèmes de pompage étaient opérationnels, ce que Bernard Giampolo confirmait face caméra le lendemain en disant avoir le sourire. Hervé Lux tient ici un discours un peu différent : « On va dire que le système fonctionne pour l’instant à 50 %. Mais l’eau est traitée de manière à éloigner le risque bactérien. » Il indique également que les pompiers (qu’on voit plonger dans le bassin de spectacle sur les images) sont à la recherche de débris introduit dans le bassin par la tempête, et décrit l’utilité des pompes : « pour extraire ces boues résiduelles qui sont au fond des bassins ». Il laisse entendre que ces opérations prendront du temps, en insistant sur le volume considérable du bassin des orques.

Pourtant, le jour de la visite des journalistes, Marineland affirmait sur sa page Facebook avoir retrouvé « des eaux de qualité satisfaisante », et dès le lendemain, le communiqué de presse du parc assurait que « les orques (allaient) bien, (qu’elles étaient) dans les bassins dont l’eau (était) par ailleurs redevenue bleue ».

Extraits du reportage Le Point, tournée le 13 octobre au Marineland. Voilà donc les eaux que Marineland estime « redevenues bleues » et d’une « qualité satisfaisante » (une semaine plus tôt sur Facebook)

L’article du Point rapporte également les propos de Sophie Béranger-Chervet, directrice de la DDPP des Alpes-Maritimes, suite à une inspection du parc, réalisée le même jour que le reportage du journal, le 13 octobre, et annoncée sur la page Facebook de Marineland. Elle se montre septique sur les causes annoncées de la mort de l’orque Valentin : « Le stress est un facteur qui peut être favorisant. Mon inquiétude, c’est qu’il soit décédé à cause de l’eau toxique qui a infiltré leur bassin. Ça représenterait un vrai danger pour les autres. » Dans un interview paru dans Nice Matin, elle confirmait la présence d’hydrocarbures dans l’eau des bassins, qualifiant la qualité de l’eau de « point noir ». La directrice déplore également la désorganisation du Marineland : « On a demandé les listings de tous les animaux de la petite ferme pour découvrir qu’ils étaient rangés dans un tiroir de bureau dans lequel il y avait autant d’eau que de papiers… À tel point qu’ils ont dû utiliser un sèche-cheveux pour les remettre en état. »

Le 16 octobre, le lendemain de la publication de ses propos sur le site de Nice Matin mentionnant la présence d’hydrocarbures dans le bassin des orques, Sophie Béranger-Chervet dément avoir tenu ces propos (Le Point et Orca Rescues Fondation rapportent pourtant le même genre de propos, avant la parution de l’interview complète dans la version papier de Nice Matin). La DDPP dément donc avoir déclaré la présence d’hydrocarbures dans le bassin des orques, ajoutant que « aucune analyse d’eau n’a été d’ailleurs faite ce jeudi (15 octobre) dans le bassin des orques par ses services ».

La question se pose alors : si la DDPP n’a pas effectué d’analyse de l’eau, comment peut-elle se prononcer sur la santé des animaux et l’état actuel de l’eau ? Quelles analyses ont été effectuée sur place, et quand ?

Au lendemain des violents orages, le directeur du parc lui-même indiquait pourtant au journal 20 Minutes que « le flot qui a touché certaines installations contenait des hydrocarbures, provenant des cuves de mazout de certaines habitations et des voitures renversées ». Une véritable marée noire donc dans les bassins, un comble alors que l’argument principal de Marineland et de tous les delphinariums pour légitimer le maintien des cétacés en captivité est que ceux-ci y sont préservés des  dangers de la vie sauvage, et notamment de la pollution des océans.

Deux inspections auraient donc été réalisées. Lors de la première (13 octobre), Sophie Béranger-Chervet confiait à la presse son inquiétude sur les causes de la mort de Valentin, et sur un éventuel « vrai danger pour les autres », en confirmant la présence d’hydrocarbures dans l’eau. Après la seconde (le 15 octobre), la directrice accuse la presse d’avoir mal interprété ses propos et indique que « aucune analyse d’eau n’a été d’ailleurs faite » lors de cette deuxième inspection. Ce qui est pour le moins étonnant. L’inspection tant attendue ne rassure personne : la communication de la DDPP se borne donc à des propos qui paraissaient pourtant sans équivoques et provenaient de sources différentes, mais qui auraient été « mal interprétés » par les journalistes. La DDPP dément, mais ne corrige pas pour autant. Cet imbroglio opacifie un peu plus le brouillard cultivé autour de l’état de santé des animaux du parc, et particulièrement celui des orques, faisant craindre le pire.

Les médias relaient le mouvement #Marinelandpasquedespseudos, initié par le collectif Back To The Sea.

  • J + 14 : 17 octobre

Dans le 1945 de M6, la directrice de la DDPP des Alpes Maritimes, Sophie Béranger-Chervet, s’exprime à nouveau : « Je trouve que ce n’est pas correct de jouer de la détresse des gens à ce moment-là, et des animaux aussi, pour dire qu’ils ne sont pas bien. Oui, tout le monde n’est pas bien dans le département après les intempéries qu’on a eu, c’est collectif, et je pense que jouer avec ça, c’est dangereux… » Des propos au parfum de défense du Marineland qui semble pour le moins surprenant venant de la directrice d’un organisme d’état, indépendant et astreint à la neutralité, et dont la mission est de s’assurer du bon état de santé des animaux (au sujet duquel le public ne sait toujours rien). Jon Kershaw, interrogé lui aussi, assure que « les animaux sont suivis quotidiennement ». Le discours se veut rassurant, mais dans le bassin derrière le directeur animalier, on n’entre-aperçoit qu’une seule orque, qui reste immobile. Sur la séquence suivante, on peut distinguer trois orques. Les autres images des orques sont des archives de spectacle.

Extrait du 1945, le directeur animalier y apparait moins détendu que d’ordinaire, l’orque derrière lui, apathique.
Extrait du 1945 - on perçoit trois orques, l'une d'elle (aileron visible) est séparée des deux autres, qui semblent petites et jeunes, restent près d'elle (ses jeunes fils, Keijo et Moana ?)
Extrait du 1945 – on peut apercevoir trois orques dans la séquence. L’une d’elle (aileron visible dans le cercle rouge) est isolée dans un bassin attenant  (Wikie ?). Les deux autres, qui semblent de petite taille, restent tout près d’elle (ses jeunes fils, Keijo et Moana ?). Et Inouk ?

Le journaliste parle d’une fermeture du parc au moins jusqu’en janvier 2016, et prédit d’ici-là une croissance de la vague de contestation contre le maintien des cétacés en captivité, qui prend de plus en plus d’ampleur sur les réseaux sociaux. Le reportage évoque le mouvement #Marinelandpasquedespseudos.

Les associations C’est Assez et Réseau-Cétacés annoncent officiellement sur les réseaux sociaux qu’elles entreprendront dans les prochains jour une action en justice collective contre le Marineland d’Antibes.

Dans le même temps, la soirée d’inauguration de la Nation Océan, projet initié par l’ONG Sea Shepherd, se tenait à la Seyne-sur-Mer, en présence de nombreux artistes (Mathieu Chedid, No One Is Innocent, Sergent Garcia, Tryo…) venus se produire sur scène pour soutenir le projet. Le message est clair : « Nous pensons que l’Océan, l’Atmosphère et les autres Communs ne sont pas appropriables. L’Océan n’est ni public, ni privé, il est vital pour l’Humanité. »

  • Le calme après la tempête ?

Les associations (C’est Assez, Réseaux-Cétacés et La Dolphin Connection) qui avaient demandé l’ouverture d’une enquête sanitaire rappellent dans une lettre ouverte sur Facebook être toujours en attente, le 21 Octobre, des conclusions officielles du rapport. Les propos tenus par la directrice de la DDPP, Sophie Béranger-Chervet, mentionnant son inquiétude dans le rôle que le stress et que les eaux toxiques auraient joué dans la mort de Valentin, ont amené les associations à « réagir immédiatement », malgré le démenti de la directrice de la DDPP qui a suivi. Elles adressent « une requête officielle à la Préfecture des Alpes Maritimes et à la DDPP aux fins de prendre toutes les mesures de sauvegarde de la dépouille de l’orque Valentin en vue d’une nouvelle nécropsie qui devra être réalisée par un professionnel neutre et impartial. » En effet, « la détermination des causes exactes du décès de l’orque Valentin pourrait permettre d’adapter (les) conditions actuelles (des quatre orques restantes), afin d’éviter la réitération du scénario qui vient de se dérouler ». En conclusion, C’est Assez et Réseaux-Cétacés informent de l’avancement de l’action en justice annoncée quelques jours plus tôt : il reste à « lever une barrière administrative mais (leur) détermination est intacte ; là encore, (les associations) tiendront informés dès que possible. »

Du côté des médias et du Marineland d’Antibes, après le reportage de M6 le 17 octobre à une heure de grande écoute, et après un déferlement d’informations quasi quotidiennes, le silence retombe peu à peu.

Les 15 jours annoncés initialement avant la ré-ouverture du parc sont écoulés, et malgré quelques publications enjouées sur la page Facebook du Marineland (toujours assorties de ce fameux hashtag #RetourAuBleu), évoquant et montrant ours polaires (seulement deux), manchots et otaries, il n’y a à ce jour toujours aucunes nouvelles des autres animaux, et notamment des vedettes du parc : les dauphins et les orques, ces derniers étant aux dernières nouvelles toujours dans une eau trouble présentant des traces d’hydrocarbures. Le dauphin Alizé est toujours invisible. On ne sait rien non plus de l’état de santé de l’orque Wikie aujourd’hui. A aucun moment de la catastrophe, le parc n’a communiqué sur celle-ci, officiellement ou non. Quand à Valentin, les seules nouvelles parlaient d’un « premier examen visuel », qui laissait présager une cause de mort (la torsion d’estomac) que le parc se garde bien de relier à la catastrophe, qui a pourtant touché le parc à 90%. Marineland n’ a jamais produit d’images ou de vidéos de la totalité des animaux, n’a pas non plus dressé de liste nominative. Le parc s’est borné à affirmer que « les mammifères marins et les ours polaires (allaient) bien », sans aucuns détails.

Hervé Lux, directeur de la communication du Marineland, annonçait le 13 octobre aux journaliste du Point : « Le parc est bien évidemment fermé pour l’instant, et pour une période indéterminée. »

Si Marineland déplore et condamne l’emballement des rumeurs et des critiques dans les médias et sur les réseaux sociaux, Jon Kershaw a fini par reconnaitre à la télévision, du bout des lèvres, que le manque d’informations fournies par le parc y avait « peut-être » une part de responsabilité.

Il est certain qu’une telle absence de communication, une telle opacité autour de l’état de santé des animaux, alors même que le Marineland d’Antibes n’a eu de cesse de répéter qu’il n’avait « rien à cacher » peut sembler suspect. C’est en tout cas extrêmement inquiétant.

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7 réflexions sur “Nuit et Brouillard médiatique sur Marineland : l’heure du bilan après la catastrophe

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