Marineland répond à ses détracteurs dans un dépliant

La cause des cétacés captifs préoccupe de plus en plus le grand public et les delphinariums sont maintenant mis à l’index par les médias internationaux et français. Envoyé spécial a re-diffusé mi-Août, dans ses Carnets de Voyage, un reportage de 2014 remettant en cause la légitimité des parcs zoologiques, avec un passage consacré au parc Planète Sauvage qui, s’il est plus discret que le Marineland d’Antibes dans sa publicité et sa communication, fait tristement parler de lui cet été, alors qu’un delphineau vient d’y mourir. Le reportage conclut sur une sortie en mer avec SOS Grand Bleu, qui organise en méditerranée des sorties en voilier pour aller observer les dauphins sauvages.

Le journal de 20h de France 2 consacrait un reportage à la manifestation du 15 Août 2015, organisée à l’initiative du collectif Sans Voix PACA 06.

Cette deuxième manifestation de l’été 2015 devant le Marineland d’Antibes a rassemblé près de 600 personnes (plus encore que celle du 12 Juillet 2015, qui était pourtant une première en France).

Il y a trois delphinariums en France : Marineland (Antibes, 06), Parc Astérix (Plailly, 60) et Planète Sauvage (Port-Saint-Père, 44). Les associations de protection des cétacés, et des animaux en général, organisent régulièrement des manifestations pacifiques et des actions d’information du public devant ces trois parcs.

Cet été, le Marineland d’Antibes a distribué un dépliant à ses clients, à l’entrée du parc, exposant sa réponse aux arguments avancés par ses détracteurs contre la captivité des cétacés. Détracteurs que, comble d’ironie, le parc accuse d’emblée de tenir un discours mensonger et dépourvu de documentations sérieuses.

Penchons-nous sur le contenu de ce dépliant :

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Premier point surprenant dès le début de la lecture : la polémique ne viendrait que des associations et des collectifs, que Marineland ne qualifie même pas de défenseurs des animaux.

Or, si les associations organisent effectivement les manifestations et revendiquent leur rôle informatif avant toute chose, le début du séisme qui secoue actuellement les delphinariums (terme que Marineland évite d’employer, lui préférant l’appellation « parc marin », qui rappelle avantageusement les réserves marines en pleine mer désignées ainsi), a débuté lors de la sortie de l’essentiel documentaire Blackfish, plusieurs fois primé et salué par la critique. Ce documentaire, sorti en 2013, est le déclencheur de la chute amorcée du géant américain du spectacle de mammifères marins, SeaWorld, qui enregistre aujourd’hui une baisse de 84% de ses bénéfices.

Avec ce documentaire construit autour de témoignages d’anciens dresseurs de SeaWorld et d’experts scientifiques en observation des cétacés, ainsi que le documentaire The Cove, (qui traitent des massacres de cétacés qui ont lieu chaque année dans la baie de Taiji au Japon) produit par Luc Besson, le grand public a ouvert les yeux sur les conditions de la captivité des cétacés dans ces parcs.

De nombreuses stars ont pris la paroles contre les spectacles de mammifères marins : Harry Styles des One Direction et Maisie Williams (actrice de Game Of Thrones) soutiennent tous deux le Dolphin Project (collectif de Ric O’Barry, ancien dresseur des dauphins de la série Flipper, et activiste depuis 35 ans), Steve-O de Jackass avec ses happenings contre SeaWorld, Jason Biggs dans une vidéo pour PETA, et de nombreux autres stars hollywoodiennes, qui s’expriment contre l’industrie de la captivité dans une vidéo poignante.

La prise de conscience est générale, c’est l’opinion publique toute entière qui tourne en défaveur des delphinariums, et non plus le fait des seules associations de défense des animaux.

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Marineland nous rappelle qui ils sont : un parc zoologique fondé en 1970 appartenant à une multinationale de parcs d’attractions, et détenant des milliers d’animaux. Une entreprise florissante, ce qui semble être à leurs yeux un gage de qualité et une réponse à leurs détracteurs qui dénoncent les conditions de vie des animaux en captivité. La taille d’une entreprise et sa notoriété n’ont jamais été gage d’éthique, bien au contraire.

Les grandes entreprises et groupes industriels sont très souvent au centre de scandales, qu’ils soient éthiques, écologiques, sanitaires ou économiques (Mac Donald’s, Coca-Cola, Danone, Monsanto…). Une grande entreprise est par essence soumise aux règles de l’économie capitaliste : un maximum de rentabilité, souvent à n’importe quel prix, a fortiori lorsqu’il s’agit d’une multinationale. Il serait naïf de croire que Marineland fait exception à la règle.

Ensuite Marineland nous rappelle ce que sont les missions d’un parc zoologique :

Education : Spectacle de dauphins, d’orques, d’otaries, séances de caresses de dauphins ou, plus récemment piscine commune entre dauphins et touristes, n’ont rien d’éducatif, et c’est pourtant l’argument principal mis en avant dans la publicité des parcs : le rêve, le spectacle, le fait de pouvoir toucher et côtoyer de près les animaux.

Tous les articles de ce blog ont pour sujet la désinformation que pratiquent ces parcs, et particulièrement le Marineland d’Antibes. Dans cet article autour d’une interview récente de Jon Kershaw, porte-parole et directeur animalier du parc, chacune de ses affirmations est contredite point par point, nombreux documents à l’appui. Dans cet autre article, le récent quizz produit par le parc est également remis en question, réponse après réponse.

Recherche : Des recherches sont certes menées au sein du parc d’Antibes, mais elles sont menées sur des animaux en captivité, présentant pour beaucoup des stéréotypies (comportements répétitifs et névrotiques), ce qui est d’ailleurs le sujet même de certaines études menées dans les parcs zoologiques.

Le comportement des animaux en captivité n’est pas représentatif de leurs comportements à l’état sauvage et n’en donne qu’une idée très limitée. On en apprend plus sur la vie des animaux en regardant un documentaire à la télévision. Par ailleurs, l’étude du langage ou des relations de groupe dans un groupe d’animaux créé artificiellement par l’homme est par essence très limité, tout comme les études sur le sonar des cétacés dans un environnement étroit et bétonné.

« Il y a autant de bénéfices pédagogiques à acquérir en étudiant des dauphins en captivité qu’il y en aurait à étudier le genre humain en n’observant que des prisonniers isolés. » Jacques-Yves Cousteau

Conservation : Les dauphins utilisés par les delphinariums (Grands dauphins Tursiops, en majorité) et les orques ne sont pas des animaux en voie de disparition, ni même menacés d’extinction. En outre, dans le cadre d’un programme de conservation des espèces, on peut s’interroger sur l’intérêt se faire se reproduire des animaux parfois de façon incestueuse, et sans aucun but de réintroduction en milieu naturel. Il est également terriblement paradoxal que les installations réfrigérées mise à disposition des ours polaires soient des appareils énergivores et générateurs de gaz à effet de serre qui détruisent l’habitat naturel de ces animaux et provoquent leur disparition.

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Ensuite, on aborde le coeur du problème et Marineland apporte son explication à quelques-uns des aspects condamnables de la captivité :

La maturité sexuelle :  La maturité sexuelle des orques, et leur âge, est calculée en grande partie à partir de leur taille. A l’état sauvage, les orques n’ont pas de petits avant l’âge de 14-15 ans, et n’en mettent au monde que 5 en moyenne dans toute leur vie, car un petit est totalement dépendant de sa mère pendant plusieurs années. Chez les dauphins, cette dépendance est d’environ 5 ans. Mais les parcs aquatiques inséminent les femelles dès qu’elles sont fertiles physiquement, bien avant leur pleine maturité sexuelle. Ces nombreuses inséminations se soldent souvent par des fausses couches, comme on peut le voir dans cet article retraçant la généalogie des orques du Marineland, généalogie par ailleurs difficile à établir, car la communication du parc à ce sujet est pour le moins vague.

Marineland affirme qu’une orque a eu un petit avant l’âge de dix ans. C’est un fait isolé, et non une preuve de normalité ou une démonstration scientifique.

Les dents : En captivité, la majorité des orques présentent très tôt une dentition fortement détériorée, alors qu’en milieu naturel, cela concerne seulement les populations d’orques qui se nourrissent régulièrement de requins, qui ont la peau très abrasive. A cause de l’ennui et du mal-être généré par la captivité, les animaux développent des comportement névrotiques qui les poussent à ronger les barreaux ou les bords de leurs bassins, à ingérer le béton des bassins, ou du sable. Ces comportements déviants provoquent donc des fissures dans leurs dents et une usure prématurée de celles-ci. Les conflits entre les orques d’un même bassin (constitué de façon artificielle, avec des orques qui ne se seraient jamais rencontrées à l’état sauvage et qui ont donc du mal à communiquer) semblent être également une cause d’usure prématurée des dents.

Pour éviter des infections qui pourraient être fatales à l’animal (les bactéries remontant de la racine des dents jusque dans la mâchoire puis dans le système sanguin et nerveux), les soigneurs forent les dents, ou les extraient, après avoir désensibilisé les animaux au bruit de la foreuse et leur avoir appris à supporter la douleur (l’anesthésie étant impossible chez les cétacés chez qui la respiration est un acte conscient). Par la suite, les animaux subissent un nettoyage quotidien de la cavité, pour empêcher les bactéries dues aux restes de poissons notamment, de s’y développer. Des soins sont donc prodigués, non sans douleur, mais uniquement pour combattre les conséquences directes du stress de la captivité.

La nageoire dorsale : La nageoire dorsale des orques est constituée de graisse. A l’état sauvage, les plongées permanentes soumettent cette graisse à la densité de l’eau salée et aux pressions, ce qui la maintient droite. En captivité, les orques passent la majeure partie de leur temps le dos hors de l’eau, et la gravité provoque donc un affaissement de cette nageoire. Certaines orques nageant de façon névrotique en rond dans leur bassin, toujours dans le même sens, la force centrifuge provoque un affaissement total de la nageoire d’un côté, comme ce fut le cas pour Keiko, l’orque star du film Sauvez Willy, qui présentait un affaissement impressionnant de sa nageoire en arc de cercle.

Si l’on se penche sur le (faible) pourcentage avancé comme une preuve de la normalité de l’affaissement de cette nageoire par Marineland, on peut noter qu’il concernerait les populations d’orques mâles de Nouvelle-Zélande. Or, la plupart des orques qui sont détenues ou ont été détenues dans les parcs aquatiques ont été capturées ou descendent de pods évoluant dans les eaux américaines et canadiennes, ou d’Islande. Cette source d’information est donc discutable, quand on connait les différences de cultures et de mode de vie entre les différentes populations d’orques sauvages, au delà d’un éventuel facteur génétique qu’aucune étude n’a mis en évidence, contrairement à ce qu’affirment certains « guides pédagogiques » de SeaWorld. Cette donnée ne concerne que les mâles, alors qu’en captivité les femelles aussi présentent une dorsale affaissée, comme Freya, décédée au Marineland d’Antibes au début de l’été.

Plus simplement, cette donnée est basée sur une interprétation déformée par SeaWorld des travaux du Dr. Ingrid Visser, qui étudie les populations d’orques de Nouvelle-Zélande. Son étude a recensé seulement une orque sur trente individus présentant un affaissement très important de la dorsale, les autres orques à la dorsale altérée ne présentant qu’une infime distorsion de celle-ci, en aucune façon comparable à celles observées sur les orques en captivité.

Les conclusions de l’étude du Dr. Visser (qui se bat d’ailleurs contre l’utilisation frauduleuse de ses travaux par SeaWorld), qui inclue également une observation de 174 orques en Norvège (une seule d’entre elles présentait une déformation de la nageoire, soit seulement 0,57 %), démontrent que moins de 1% des orques sauvages, mâles et femelles, présente un affaissement de leur nageoire dorsale. Contre 100% des orques mâles détenues en captivité, et beaucoup de femelles.

Cette donnée avancée par Marineland est donc tout simplement fausse.

L’espérance de vie : Marineland a pour habitude de jongler entre les termes d’espérance de vie et de durée de vie moyenne pour brouiller les cartes, en oubliant que l’espérance de vie est elle-même basée sur la durée de vie moyenne d’une population pendant une période donnée.

Des moyens de mesures de l’âge concrètes et corporelles existent, notamment en fonction de la taille de l’animal, ou encore de l’état des dents. Il est vrai que cela n’est pas très précis passé un certain âge, par contre, en remontant les arbres généalogiques et en fonction du rythme de reproduction naturel des orques et de l’âge de maturité sexuelle, et en recoupant toutes ces informations, on peut obtenir des données assez fiables, à plus ou moins 3 ans près.

En réalité, on estime donc l’espérance de vie moyenne des orques femelles à un peu plus de 50 ans et le maximal de 80-90 ans. Pour les mâles, en moyenne 30 ans pour 50-60 ans au maximum.

Il convient de souligner que la source citée par Marineland ne concerne que les orques résidentes du Sud (Pacifique Nord-Est), population d’orques inscrite sur la liste des espèces en danger, notamment à cause de la pollution et de la sur-pêche. Elle présente effectivement aujourd’hui (car leur inscription date seulement de 2002) un taux de mortalité élevé. Rappelons seulement que les orques détenues dans les delphinariums du monde entier sont issues principalement des populations de l’Arctique, du Pacifique Nord et de l’Atlantique Nord, à l’opposé géographique de cette population en danger. Ces différentes populations évoluent dans un milieu et des conditions de vie totalement différents et donc difficilement comparables.

Il est d’ailleurs pour le moins surprenant de voir que Marineland qualifie l’estimation d’une espérance de vie ou d’une durée de vie moyenne de « débat complexe ». Estimer l’espérance de vie d’une population n’est en rien affaire de point de vue, ni lieu à débat, puisque par essence, une telle estimation se base sur des chiffres, des données concrètes et objectivement mesurables : la date de naissance ou l’âge au moment de l’observation (estimé à 2 ou 3 ans près par les scientifiques) et la date de la mort. Les équipes des parcs ont d’ailleurs un sérieux avantage dans cette étude par rapport aux scientifiques qui observent les orques en milieu naturel, puisque les naissances et les morts sont observées de près et à heures précises dans les bassins, il n’y a donc pas d’estimation mais une observation objective. Seulement, ces données objectives sont loin de satisfaire la communication des parcs, puisque « selon la WDC [Whale and Dolphin Conservation Society], la durée de vie moyenne des orques de SeaWorld […] n’est que de 4 ans et demi ». Marineland tient à bien différencier espérance de vie et durée de vie moyenne, pourtant il semble loin d’être évident que cette distinction tourne en leur faveur dans ce cas précis.

Il est évident ici que les parcs aquatiques se protègent contre l’évocation de Granny, la célèbre doyenne des orques sauvages qui a dépassé allègrement la barre des 100 ans, et qui vit en pleine forme aujourd’hui , à l’âge de 103 ans, avec son pod dans les eaux canadiennes. Son âge a été estimé en fonction de celui de ses enfants, et les scientifiques possèdent des clichés d’elle datant des années 30.

Si effectivement Granny fait office de Jeanne Calment des orques, un record, il est néanmoins frappant de constater un tel décalage entre la moyenne d’âge au moment du décès des orques captives et l’âge de Granny aujourd’hui. Freya, que Marineland affirme morte à un âge normal (on attend toujours le rapport de nécropsie que le parc a affirmé vouloir rendre publique), s’est éteinte cet été à 35 ans, après 32 ans de captivité. Granny, vivante, en pleine forme à la tête de son clan, a aujourd’hui plus de trois fois son âge. Elle a pourtant toujours été soumise aux dangers de la vie sauvage contre lesquels Marineland se montre si fier de protéger ses animaux.

L’insémination artificielle : Si on se penche sur les simples « informations » délivrées par Marineland dans ce paragraphe, un seul exemple d’insémination artificielle sur une orque aurait produit un petit : mais combien ont abouti à des fausses couches ou à des morts-nés ? La seule Freya, avant de donner naissance à Valentin, a subi plusieurs fausses couches et a mis bas pas moins de 4 petits mort-nés (selon les données fournies par le parc). C’est également le cas de Wikie, qui est à présent la femelle reproductrice du Marineland d’Antibes.  Par ailleurs, actuellement, sur les 5 orques du Marineland, Wikie est la seule femelle. Deux orques sont ses fils (Moana et Keijo), les deux autres ses frères (Valentin et Inouk). On peut alors s’interroger sur l’avenir du « programme de reproduction » des orques du Marineland d’Antibes en l’état actuel, sans transferts ou insémination artificielle.

Une seule orque serait donc née d’une insémination artificielle. Marineland évoque probablement Moana (au nom féminin volontairement trompeur : il s’agit du fils de Wikie et d’Ulyses, une orque mâle du SeaWorld de San Diego) puisque Marineland a beaucoup communiqué dans la presse sur cette réussite, alors même que Wikie fut inséminée précocement à 10 ans (contre 14-15 ans en moyenne en milieu naturel pour le premier petit), du moins avec succès.

Alors qu’en est-il de Keijo, mis au monde par Wikie en 2013 ? Marineland le déclare de père inconnu, ce qui est pour le moins surprenant dans un parc zoologique d’où les animaux ne peuvent s’échapper pour aller se reproduire au gré de leurs vagabondages. L’hypothèse la plus probable et évidente est que Valentin, le demi-frère de Wikie (ils ont tous deux pour père Kim II), en serait le géniteur. En effet, Valentin est le mâle dominant du bassin (fils de la matriarche Freya), et il tournait beaucoup autour de Wikie (rappelons que l’inceste n’existe pas chez les populations sauvages). Une information que Marineland se garde bien sûr de diffuser.

Plus généralement, Marineland nous le rappelle d’ailleurs ici, les parcs zoologiques attachent une importance particulière à une reproduction saine de leurs animaux, en évitant toute consanguinité, ce qui leur garantit évidemment une population nombreuse et viable. Ce qui est tout simplement impossible à court terme sans insémination artificielle, au regard des faibles populations présentes, sans parler du succès relatif des accouplements naturels en captivité. Il semble encore une fois paradoxal – et naïf – pour un parc zoologique de prétendre condamner à la fois l’insémination artificielle et la consanguinité.

De manière générale, il semble assez déconcertant que la plupart des soins prodigués aux animaux, il est vrai de manière très consciencieuse, le soit pour lutter contre les conséquences de la captivité et de son mode de vie inadapté aux besoins physiologiques primaires des animaux. Marineland et tous les autres delphinariums prétendent protéger les animaux des dangers de la vie sauvage, tout en balayant leurs échecs (comme lors de la mort récente d’un delphineau au parc Planète Sauvage) en affirmant, par ailleurs de façon souvent erronée, que dans la nature, des accidents arrivent tout le temps.

Cet été, deux delphineaux ont trouvé la mort au cours d’une altercation entre deux femelles adultes : en Juillet au Parc Astérix (le parc ayant annoncé la mort tardivement), et le 16 Août dernier, à Planète Sauvage. Ce genre de d’accident n’arrive jamais dans la nature, les femelles élevant les petits ensemble.

Il est pour le moins paradoxal d’affirmer protéger les animaux de dangers inévitables autrement, d’un côté, puis d’en souligner la fatalité lors de leurs échecs, de l’autre.

1b bien etre

A l’heure où de plus en plus de pays d’Europe interdisent la présence d’animaux sauvages dans les cirques (dernier en date : la Catalogne), Marineland se défend d’un éventuel parallèle. Parallèle pourtant pertinent, puisque dans les deux cas, il s’agit d’une industrie de spectacle mettant en scène des animaux sauvages effectuant des tours sans réel rapport avec des comportements naturels. En effet, un animal ne joue qu’une fois rassasié et non dans le but de voir son comportement récompensé par un apport alimentaire.

Effectivement, il est illusoire de prétendre pouvoir gagner un rapport de force avec un animal de plusieurs tonnes, a fortiori quand dresseurs et dressés évoluent dans deux milieux physiques totalement différents : l’eau et la terre.

1b 90%

La « complicité » et la « coopération » entre soigneurs et animaux fièrement mise en avant dans ce dépliant par le Marineland d’Antibes, a pourtant été niée par Jon Kershaw, directeur animalier du parc, lui-même dans une interview accordée au journal Libération en Juillet 2012 : « le dauphin n’éprouve strictement aucune affection pour l’homme, tout au plus a-t-il une préférence pour tel ou tel soigneur. »

S’il n’est donc question ni de rapport de force, ni de complicité, il est tout à fait possible d’encourager ou décourager certains comportements avec des renforcements positifs (nourriture) ou négatifs (absence de récompense, ignorance, et parfois même, dans certains cas, coups et cris).

Il est indéniable qu’un lien se crée entre le soigneur et l’animal, mais celui-ci est basé sur l’entière dépendance de l’animal envers le soigneur, d’un point de vue alimentaire mais également psychique. En effet, les bassins ne sont pas enrichis par des décors comme on peut le voir pour les espèces terrestres dans la plupart des zoos, et ne sont que des réservoirs de bétons stériles et vides. Quand la seule source de distraction, d’occupation, d’exercice physique et de nourriture vous vient de votre geôlier, quand bien même celui-ci vous maltraiterait, il est évident que la venue de celui-ci finit par être associée à des émotions positives, si perverties qu’elles soient. En psychiatrie humaine, ce mécanisme d’attachement à un geôlier est appelé « syndrome de Stockholm ». Il apparait alors que les spectacles sont effectivement un moment qui peut potentiellement être bien accueilli par les animaux. Mais quand on sait que les animaux prennent part au spectacle y compris quand ils ont l’esprit occupé ailleurs, quand les femelles sont pleines, et qu’elles y sont parfois séparées de leurs petits qui sont une source de distraction, on peut s’interroger sur la bonne volonté permanente et l’envie des animaux de participer que mettent les parcs en avant. De telles méthodes de « coopération » et de « complicité » sont d’ailleurs à l’origine d’accidents, parfois mortels, survenus dans les delphinariums, y compris au Marineland d’Antibes.

Ric O’Barry, ancien dresseur des dauphins de la série Flipper et pour l’US Navy, aujourd’hui activiste anti-captivité de premier plan, souligne par ailleurs qu’il est indispensable que le dauphin soit maintenu en permanence en-dessous du seuil de satiété, sans quoi, il se désintéresse du dresseur et n’exécute pas les ordres.

La notion d’ « enrichissement du milieu » est une notion souvent utilisée de façon trompeuse par les parcs aquatiques. Les parcs zoologiques sont censés lutter contre les effets néfastes de la captivité, notamment sur le comportement des animaux (stéréotypies, troubles du comportement alimentaire…), en leur apportant un enrichissement du milieu basé sur une démarche scientifique (en étudiant d’abord les comportements sauvages, puis en mettant en place des simulations de situations de la vie sauvage, et enfin en observant les effets de celle-ci sur les animaux, suivant un protocole rigoureux), et surtout en constant renouvellement. Ainsi, les soigneurs doivent faire en sorte de proposer sans cesse de nouvelles situations, et changer celle-ci avant que l’animal ne s’en désintéresse. Chez la plupart des animaux terrestres en captivité, et notamment les singes, cela se traduit le plus souvent par le fait de cacher les rations alimentaires à des endroits différents tous les jours et de rendre leur accès difficile, pour simuler la recherche olfactive, l’habilité motrice et la capacité d’adaptation que les animaux mettent en oeuvre à l’état sauvage.

Dès lors, on peut sur cet « enrichissement du milieu » dans les bassins vides et bétonnés, et plus encore sur les spectacles, présentés comme nécessaires à la stimulation intellectuelle des animaux : effectuer sur ordre des tours identiques, plusieurs fois par jour, tous les jours en échange d’une ration de poissons morts et décongelés. Il n’y a dans ce cas ni renouvellement des situations (les mêmes spectacles sont joués tout au long de l’année), ni stimulation intellectuelle face à une situation nouvelle (les ordres sont appris puis exécutés encore et encore sur demande), aucune réelle écoute des besoins des animaux (les clients payent pour assister aux spectacles, ceux-ci doivent avoir lieu), et surtout, aucune simulation de comportements naturelles, puisque les animaux sauvages jouent une fois le ventre plein et non pas pour obtenir leur nourriture.

Effectivement, les parcs produisant des animaux en spectacles sont plus proches des cirques que des parcs zoologiques.

Encore une fois, Marineland tente de justifier le fait de garder les animaux captifs et de les produire en spectacle que par des mesures mises en place pour réparer les dégâts causés par la captivité elle-même. Ce qui est une logique pour le moins étrange.

1b eau des bassins

La question de l’eau est effectivement un sujet épineux. L’eau est additionnée d’eau de Javel, en faible quantité nous apprend le Marineland. Si cette eau arrive dans le bassin dépourvue de bactéries, comme notre eau du robinet, on peut cependant s’interroger sur le développement de celles-ci une fois l’eau dans les bassins. Les animaux mangent, défèquent et urinent dans ces bassins de plusieurs dizaines de millions de litres d’eau stagnante, un traitement chimique est donc indispensable. Par ailleurs, pour des soucis évidents d’image, les animaux ne peuvent être présentés évoluant dans des bassins à l’eau trouble et remplis d’algues.

Certains visiteurs rapportent qu’on sent une forte odeur de chlore à proximité des bassins et que l’eau reçue lors des spectacles « sent fort et pique les yeux ». Marineland détourne habilement la vraie question, en ne parlant que de l’eau de Javel (qui est d’ailleurs composée de chlore), occultant délibérément les autres additifs présents dans l’eau. Rappelons qu’une vidange complète et régulière en vue de désinfection est matériellement impossible, car cela impliquerait de stopper les spectacles et de reloger les animaux. L’eau met plusieurs jours à être entièrement filtrée et renouvelée. Par ailleurs, la construction du nouveau bassin des orques en elle-même, qui fut baclée, est à l’origine d’importants dégâts sur le fond du bassin et sur la nature environnante, comme exposé dans cette article.

En 2012, un ancien dresseur du Marineland de Niagara Falls, dans l’Ontario, témoigne dans une vidéo aux images terribles mais nécessaires. Le dresseur expose tous les ravages causés par les produits chimiques présents dans l’eau des bassins : détérioration de la peau, des yeux (jusqu’à la cécité et l’énucléation), des poumons. Freya souffrait de pleurésie chronique (une infection de la membrane entourant les poumons) pour laquelle elle fut traitée toute sa vie au Marineland.

Les dresseurs eux-mêmes subissent des détériorations des yeux et des sinus à cause de l’exposition au chlore. Ainsi, John Hargrove, ancien dresseur à SeaWorld puis au Marineland d’Antibes, aujourd’hui militant anti-captivité et témoin de premier plan dans le documentaire Blackfish, parle d’un surdosage de chlore si fort que certains dresseurs ont eu les yeux brulés et que la peau des orques se décollait.

Outre l’incidence directe du chlore sur l’état des yeux des animaux, il existe également un dommage collatéral du traitement des bassins pour obtenir une eau turquoise si attrayante. Les animaux nagent dans une eau trop claire et trop peu profonde et regardent fréquemment vers la surface, où se trouve les soigneurs qui les nourrissent et interagissent avec eux. En conséquence, les rayons UV du soleil leur attaqueraient aussi les yeux. Ils passent également beaucoup plus de temps hors de l’eau qu’à l’état sauvage, et une exposition prolongée à l’air seraient également une source importante d’irritations. Les yeux des otaries sont particulièrement vulnérables à ces facteurs, car ils ne bénéficient d’aucun mécanisme de protection naturelle qu’on observe chez d’autres mammifères marins. En effet, les orques sécrètent un mucus oculaire en cas d’agression de l’oeil, qui protège celui-ci. En captivité, il est fréquent de voir apparaitre cette sécrétion, de façon chronique, ce qui n’a jamais été observé en milieu sauvage, sauf sur des animaux échoués (et donc ayant passé de longs moments à l’air libre, et exposés au sable).

Enfin, Marineland affirme que cette eau est contrôlée tous les mois par un laboratoire indépendant, sans préciser lequel, ni sans indiquer si celui-ci s’occupe également de prélever les échantillons, combien et à quel endroit. L’affirmation manque donc de transparence, contrairement donc à leurs eaux bleues piscine.

1b naissance

Marineland met ici en avant son argument principal : les naissances au sein du parc prouvent le bien-être des animaux, car les animaux ne cyclent pas lorsqu’ils ne se sentent pas bien. C’est tout simplement faux :  les usines à chiots, les enfants d’esclaves violées, les naissances d’animaux en laboratoires ou dans les cirques, les femmes séquestrées pendant des années qui finissent par avoir des enfants de leur geôlier… les exemples au sein de différentes espèces ne manquent pas, une grossesse en captivité n’a rien de révélateur sur l’état émotionnel, ni même physique, des animaux. Par contre, l’inceste (qui est totalement absent à l’état sauvage), les fausses couches, les petits mort-nés, les infanticides, les femelles qui se désintéressent de leur petit, qui sont monnaie courante en captivité, et au Marineland d’Antibes, sont des indicateurs préoccupants du mal-être des animaux en captivité.

1b chronologie

Marineland nous fait part ici des chiffres : des investissements « réguliers », qui ne débutent que dans les années 2000, reprennent 5 ans plus tard par la construction du Lagon, et seulement 10 ans après d’un nouveau lieu de vie pour les otaries.

Le bassin des orques : Construit il y a 15 ans (aucune amélioration du lieu de vie des orques depuis), nous avons vu que la qualité de sa construction laisse à désirer, tant par sa structure même (béton qui se détache du fond) que par l’impact de celle-ci sur l’environnement extérieur (nappes phréatiques). Par ailleurs, on peut noter que ce nouveau bassin est celui des spectacles, et que Marineland se montre aussi fier de la taille du bassin que de sa capacité d’accueil du public. Les autres bassins (médical, de « maintien »…), dans lesquels les orques passent pourtant de longs moments, n’ont pas bénéficié de rénovations.

Les orques ont été transférées dans le nouveau bassin juste avant la saison d’été, dans un parfait timing commercial, et les dresseurs les ont entrainés à passer le long des vitres, afin que ceux-ci soient toujours très visibles des visiteurs, malgré les dimensions plus grandes du bassin.

Quant aux dimensions, rappelons qu’une orque parcourt régulièrement de 100 à 160 kilomètres par jour et plonge jusqu’à des profondeurs de 300 mètres. Une orque mesure en moyenne entre 5,50 et 8,50 mètres, soit déjà plus de la moitié de la profondeur du bassin.

Pour rappel, comme nous l’avons vu dans cet article, la superficie totale du parc Marineland (comprenant les parkings, les espaces sanitaires, de restauration, les attractions… en plus des lieux de vie de la totalité des animaux) est de 25 hectares. Le tour d’un bassin qui ferait cette taille ne représente pour un seul cétacé que 2 % de ses déplacements quotidiens à l’état sauvage. Le bassin des orques lui, est plus de 6 fois plus petit.

Le Lagon des dauphins : Construit 5 ans plus tard, il coincide étrangement avec l’ouverture d’une nouvelle attraction du Marineland : « rencontre avec les dauphins ». Ce genre de lieu se nomme un « petting pool », « bassin de pelotage » en anglais littéral. Il a peut-être agrandi l’espace de vie des dauphins (même si la profondeur de 1,20 mètres peut laisser septique sur le confort des dauphins), mais il a surtout permis à Marineland d’accroitre son chiffre d’affaire en proposant des séances de quelques minutes de contact tactile avec des dauphins. Ces séances sont facturées 70 euros en plus du billet d’entrée au parc (sans compter les photos vendues, car les photos personnelles sont interdites, et le coût de 5 euros pour les accompagnateurs), et se déroulent avec une dizaine de visiteurs, plusieurs fois par jour. Marineland, à l’ouverture du Lagon, avait assuré vouloir limiter le nombre quotidien de visiteurs dans ce bassin à… 300.

Une visiteuse témoigne dans cet article des conditions de vie déplorables des dauphins à l’ouverture du Lagon : les dauphins « ne cessent de tourner en rond toujours dans le même sens. […] Aux heures de pointe, ils sont harcelés par les touristes. Certains ne manquent pas de frapper la surface de l’eau et du bassin violemment. Heureusement, ils sont ramenés à l’ordre par les surveillants (quelque fois…), car il n’est pas encore permis de toucher l’eau non plus. Les gens ne se gênent pas non plus pour frapper aux vitres du lagon…  »

Le nouveau bassin des otaries : Des travaux étaient en effet urgents, car les gens se plaignaient de l’odeur nauséabonde et de l’aspect vétuste de l’habitat des otaries. Ce nouvel espace de vie, toujours trop petit malgré la piscine à vagues dont le parc se montre si fier, a été inauguré à nouveau fort judicieusement au début de la saison estivale, et le transfert des otaries a eu lieu en pleine journée, sous les yeux du public. Il est cependant loin d’être suffisant. En effet, les autres lieux de vie des otaries (notamment l’espace maternité et l’espace des otaries Steller), ceux des manchots et des ours polaires semblent toujours dans un état déplorable.

Pourtant, en 2015, Marineland a investi des dizaines de millions d’euros dans la construction de son nouveau complexe hotellier, et inaugure son nouvel espace « Marineland Lagoon » : une piscine divisée par une grande vitre, d’un côté les dauphins, de l’autre les touristes. Une formule (de 90 à 106 euros) est proposée à qui souhaite en plus entrer dans le « petting pool ».

Ces Investissements colossaux n’ont rien à voir avec le bien-être des animaux, et le chantier était une source considérable de nuisances pour eux, comme le rapporte un des employés du chantier de construction.

Dans ce reportage de 2014 consacré aux parcs de loisirs aquatiques, on apprend que l’agrandissement du parc Aquasplash s’est faite au détriment de l’espace dévolu aux animaux, moins rentables que les toboggans à sensations.

Par ailleurs, plusieurs avis sur des sites de consommateurs déplorent la vétusté et la décrépitude générale du parc, ainsi que le prix et le côté « usine » et purement commercial des séances de « petting ».

6 fondation marineland

Enfin, Marineland évoque dans son dépliant la Fondation Marineland, sa caution écologique et scientifique.

A l’instar de la plupart des muti-nationales aux pratiques éthiquement, écologiquement ou socialement douteuses, le parc soigne son image publique en créant et en subventionnant une fondation à but écologique et éthique. Sur le modèle de Mac Donald’s, qui fait partie des causes majeures du développement de l’obésité, notamment infantile, mais dont la fondation finance des lieux d’accueil qui permettent aux parents de rester au chevet de leurs enfants hospitalisés ; ou de Disney, qui fait fabriquer ses produits dérivés en Chine par des enfants, mais dont le programme de volontariat intervient à travers le monde dans des missions humanitaires.

Marineland finance en outre des groupes de recherches sur la vie marine et s’appuie sur les études produites par ces mêmes groupes (qui subissent bien évidemment des pressions financières qui orientent leurs conclusions) pour s’offrir caution scientifique et justification du maintien des animaux en captivité.

On peut d’ailleurs s’interroger sur l’intérêt dans un programme de conservation des espèces de faire se reproduire de façon souvent consanguine et précoce des animaux psychologiquement perturbés, qui ne sont pas sur la liste des animaux menacés (dauphins tursiops et orques), et ce sans aucun but de réhabilitation en milieu naturel.

Il est également assez surprenant de constater que si le phoque Moine est l’un des mammifères marins le plus menacé en Europe, c’est en Mauritanie que la fondation Marineland a choisi d’aller travailler à la préservation de cette espèce. Le parc est pourtant basé en bord de Méditerranée, où vit justement cette espèce de phoque.

Il n’est d’ailleurs fait mention dans cette partie du dépliant d’aucune des espèces exploitées par le parc dans ses spectacles, alors que le reste du dépliant se concentre essentiellement sur orques, dauphins et otaries. La fondation Marineland ne semble pas non plus s’investir sur le terrain pour la sauvegarde de l’ours blanc, que le parc est pourtant si fier de « préserver » sur la Côte d’Azur, dans des installations génératrices de gaz à effet de serre.

7 peda et medical

Intervention lors des échouages : la Fondation Marineland affirme être détentrice de la carte verte du Réseau National d’Echouage, une habilitation délivrée par le Ministère de l’Environnement qui autorise à intervenir lors de l’échouage d’un animal. Cependant, le rôle de Marineland lors de ces échouages n’est pas clairement défini, et la fondation ou le parc introuvables sur la liste des correspondants du RNE.

En outre, les autorisations d’interventions sur les animaux sauvages en difficulté délivrées à des entreprises privées qui tirent leur profits de la captivité de ces mêmes animaux peuvent paraitre dangereuses. C’est à cause de cette autorisation que l’orque Morgan est aujourd’hui maintenue prisonnière de façon totalement illégale.

En Juin 2010, Morgan a été retrouvée seule et mal en point le long des côtes des Pays-Bas. Elle a été rapatriée au sein du Harderwijck Dolfinarium, dans l’objectif initialement prétendu d’être soignée puis remise en liberté. Cependant, plus d’un an plus tard, elle a été expédiée au Loro Parque de Ténérife, où elle se morfond depuis, maltraitée par les 5 autres orques du parc, louées à SeaWorld. Une fois l’orque dans leurs bassins, les lois peuvent être habilement contournées, grâce notamment aux appuis politiques, et ce malgré de nombreux procès intentés pour libérer Morgan.

Le delphinarium de Harderwijck, responsable de la capture et du transfert de Morgan vers un parc à spectacles, appartient au groupe français La compagnie des Alpes, qui possède également le Parc Astérix et Planète Sauvage, qui détiennent des dauphins et des otaries qu’ils produisent en spectacle.

L’aspect éducatif : Accueillir des enfants, y compris lors de sorties scolaires, n’est en rien une preuve d’apport pédagogique. Disneyland Paris a accueilli en 2014 plus de 14 millions de visiteurs, et 66% de familles avec des enfants.  De nombreuses écoles organisent également des sorties scolaires au cirque.  A sa décharge, ici, Marineland ne prétend même pas faire découvrir la faune marine aux enfants, seulement le parc.

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Le programme éducatif du Marineland d’Antibes

Ce dépliant de justification, car il s’agit bien ici de justification, même si les arguments des opposants à la captivité ne sont pas clairement évoqués (preuve involontaire que, contrairement à ce que les services de communication du parc prétendent, le grand public est conscient des arguments contre la captivité des cétacés) est encore une belle démonstration de désinformation et de manipulation du public de la part du Marineland d’Antibes.

La diffusion de ce dépliant reste confidentielle, puisqu’il est distribué au sein du parc aquatique, au début de la journée au cours de laquelle Marineland aura tout loisir de faire taire les quelques doutes qui subsisteraient encore dans la tête du visiteur, par une communication et un marketing bien rodé, et des méga-shows à l’américaine.

Marineland se devait de répondre à ses détracteurs, mais ils ne peuvent empêcher l’information, la vraie, de circuler, et l’envers du décor des spectacles aquatiques d’être mis à jour, tout simplement parce qu’il n’existe aucune justification éthique, morale, logique ou scientifique à leurs activités.


Mise à jour

L’orque Tilikum, qui était détenu au SeaWorld d’Orlando (Floride), est mort le 6 janvier 2017.
Déclaré malade par les équipes du parc depuis mars 2016, il a passé presque toute une année à lutter contre une infection des poumons, d’origine bactérienne, (d’après les équipes du parc) avant de s’éteindre, loin des siens, dans sa prison de béton.
Tilly a été capturé dans les eaux islandaises à l’âge de 2 ans, arraché à sa famille alors qu’il n’était encore qu’un bébé. C’est plus de 30 longues années qu’il aura passé au sein de différents parcs, la captivité et les mauvais traitements le rendant psychotique. Il fut placé à l’isolement sous camisole chimique après avoir tué et démembré sa dresseuse.
Toute la presse a relayé la nouvelle de la mort de l’orque.
Quelques exemples :
Le Huffington Post
Le Monde
Libération
Le Parisien
L’Obs – Temps Réel

L’existence misérable de Tilikum est contée dans le documentaire Blackfish, primé à Sundance en 2013. Ce documentaire de Gabriela Cowperthwaite a attiré l’attention de l’opinion public sur les conditions de détentions de cétacés dans les parcs, et a été le point de départ d’un raz de marée qui ne cesse de croître et de submerger ce business autrefois lucratif.
La mort de cette figure emblématique a relancé plus que jamais le débat sur la captivité des cétacés, et sur leurs conditions de détention.

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7 réflexions sur “Marineland répond à ses détracteurs dans un dépliant

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